<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">
  <channel>
    <title/>
    <link>www.jeanpaul-floch.com</link>
    <description/>
    <lastBuildDate>Tue, 14 Apr 2026 22:55:14 +0200</lastBuildDate>
    <language>fr</language>
    <item>
      <title>La main de l'art modèle le corps humain </title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-la-main-de-l-art-modele-le-corps-humain-51.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[Fasciné par la puissance des émotions fluctuantes enfouies dans le corps de l&#39;être humain, Jean Paul Floch apprend toujours plus,  grâce à la pratique de la kinésithérapie. Il découvre ainsi comment le corps physique que l&#39;on voit se met en harmonie avec l&#39;anatomie des organes profonds, des muscles, des os et des tendons qu&#39;on ne voit pas mais qu&#39;il a sentis avec ses mains. <br />
<br />
Il réalise alors que cette harmonisation répond à des lois ainsi qu&#39;à des phénomènes précis.Il décide donc de ne jamais déformer ni caricaturer le vêtement de l&#39;âme qu&#39;est le corps humain.<br />
<br />
C’est cette harmonisation physique en perpétuel changement ( à chacune des respirations pourrait-on dire ) qui exprime l’émotion véritable dans la matière inerte qu’est le bronze.<br />
<br />
La lumière vivante épouse le bronze qui dégage alors l&#39;ombre, insufflant ainsi la vie puisque l&#39;harmonisation traduit toujours le vrai et non pas l&#39;interprétation.<br />
<br />
Jean Paul Floch a observé et appris par le toucher sur des corps humains vivants.<br />
<br />
Ses mains peuvent ainsi restituer dans la matière ce qu&#39;elles ont reçu par l&#39;écoute sensorielle.<br />
<br />
Ainsi il a pu inventer et construire sa propre méthode sans aucune influence ni d&#39;écoles d&#39;art ni de stages chez les artistes.<br />
<br />
Vous trouverez les détails de la démarche du sculpteur dans l&#39;actualité suivante  :<br />
<br />
=> =><strong> <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/sculpteur-sur-bronze.php">Biographie atypique de Jean-Paul Floch</a></strong>
<ul>
	<li>Voir également :<a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/sculpteur-sur-bronze.php"> </a><a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/actualite-concretisation-etheree-de-l-idee-primordiale-174.php"><strong>Processus quantique inhabituel pour créer des sculptures</strong></a></li>
</ul>
<br />
Première mise en ligne de cette actualité 2005]]></content:encoded>
      <pubDate>Tue, 14 Apr 2026 22:55:14 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>La Joconde et ses 2 visages</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-la-joconde-et-ses-2-visages-1.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[Je n&#39;ai aucune prétention à expliquer le processus créatif de Léonard de Vinci. J&#39;utilise le mode affirmatif, comme si je m’intégrais dans son action mentale de création. Pour cela, je m’articule sur le processus (et non pas le thème) que j’ai moi-même suivi dans la création du buste de Cléopâtre que j’appelle <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/oeuvre-nostalgie-4.php">« Nostalgie ».</a><br />
 
<div style="text-align: center;"><u><strong>Voyage à travers Mona Lisa</strong></u></div>

<div style="text-align: center;"> </div>
Léonard de Vinci a défini deux dimensions dans La Joconde : l’expression dégagée par Mona Lisa ainsi que sa propre expression, fondues l’une dans l’autre.<br />
 <br />
Marquez d&#39;un point le centre de l&#39;espace entre les 2 sourcils, au bas du front.<br />
Tracez une ligne verticale et coupez la feuille en 2 suivant le trait.<br />
Eloignez les 2 parties et comparez l&#39;expression de chacune des 2 moitiés du visage.
<ol>
	<li>Le côté droit du visage (photo n°1 ) est très féminin : c&#39;est celui de Mona Lisa.</li>
	<li>L&#39;autre côté est masculinisé (photo n°2) : c&#39;est celui de Léonard de Vinci fondu dans les traits modifiés de son modèle, et symbolisé par une <u>bajoue marquée qui n&#39;apparaît qu&#39;à l&#39;âge mur.</u></li>
</ol>
 <br />
La force et le mystère de ce portrait aux 2 visages appartiennent à l&#39;union fusionnelle de deux êtres : union vivante dans l&#39;immobilité picturale, au-delà de l&#39;agitation de ce monde, au-delà de la notion du temps. C&#39;est cela ce que j&#39;appelle "la respiration d&#39;expression posturale".<br />
 <br />
Les lois de l&#39;équilibre anatomique et physiologique exigent une harmonisation que Léonard de Vinci maîtrisait à la perfection.<br />
<br />
<strong>                                                         </strong><u><strong>Note  de l&#39;auteur </strong></u>: <br />
<br />
Ma longue expérience de la kinésithérapie m&#39;a permis d&#39;observer et d&#39;étudier les dissymétries des visages et des corps afin de pouvoir les harmoniser pour redonner la santé. Sur le vivant, il y a toujours un lien logique entre les dissymétries anatomiques des os, des muscles et des tendons. Lorsqu&#39;il y a illogisme anatomique, je le vois.<br />
<br />
C&#39;est donc tout naturellement que j&#39;ai eu le « réflexe thérapeute » d&#39;analyser le visage de la Joconde, de ses mains et d&#39;autres détails anatomiques, et j&#39;ai divisé son visage en 2 parties, gauche et droite.<br />
<br />
J&#39;ai d&#39;ailleurs construit ma sculpture <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/oeuvre-nostalgie-4.php">Nostalgie</a> sur ce principe essentiel des 2 visages en harmonisant les dissymétries pour lui donner une expression vivante.<br />
<br />
Suite des actualités sur Mona Lisa => => <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/actualite-mona-lisa-ressemblance-d-un-portrait-commande-193.php">Ressemblance d&#39;un portrait commandé </a><br />
<br />
Copyrightfrance : Les textes des actualités sont déposés  uniquement pour éviter le plagiat. Première mise en ligne :  24 Janvier 2007.<br />
 <br />
 ]]></content:encoded>
      <pubDate>Tue, 07 Apr 2026 10:52:46 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Sites choisis</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-sites-choisis-540.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[La Tribune de l&#39;Art : <a href="http://www.latribunedelart.com/actualites">http://www.latribunedelart.com/actualites</a><br />
<br />
Le Portail des Antiquaires : <a href="http://www.leportaildesantiquaires.com/">http://www.leportaildesantiquaires.com/</a><br />
<br />
Art Actif : <a href="https://www.artactif.com/">https://www.artactif.com/</a><br />
<br />
<br />
Photo de droite : article offert par Art actualités en février 2002 .<br />
<br />
J&#39;ai débuté mon activité artistique  le 2 Janvier 2002 et cet article a retenu l&#39;attention d&#39;une galerie parisienne qui m&#39;a contacté. J&#39;ai donc pu exposer au Village Suisse dans le 15ème arrondissement de Paris en mai 2002. Merci à ce magazine.]]></content:encoded>
      <pubDate>Tue, 07 Apr 2026 10:09:16 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Concrétisation éthérée de l'idée primordiale</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-concretisation-etheree-de-l-idee-primordiale-174.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[Après avoir défini l&#39;idée primordiale, les visages et les corps ainsi que les attitudes gestuelles apparaissent dans ma tête sous une forme plus ou moins éthérée : comme des vibrations en gestation de formes visibles intérieurement. <strong>Ces formes deviennent progressivement plus nettes, plus stables et surtout pleines de vie. A ce stade, mes modèles demeurent dans ma tête. Ils expriment parfaitement l&#39;idée primordiale que j&#39;ai définie. Il me suffit de fermer les yeux pour les regarder.</strong><br />
 <br />
Chacun ou chacune peut devenir un modèle comme source d&#39;inspiration. L&#39;inspiration peut naître d&#39;un bref instant de présence avec n&#39;importe qui de dimension humaine. Par exemple, une femme bien en chair peut irradier la sensualité dans un regard, dans un geste ou encore dans un sourire, beaucoup plus qu&#39;une femme « <em>plastiquement</em> »<em> </em>bien faite comme on dit.<br />
<br />
Regardez La Joconde et son sourire délicatement posé sur un visage bien plein. Il irradie la sensualité dans la plénitude.<br />
 <br />
L&#39;idée primordiale, une fois définie mentalement, s&#39;est plus ou moins éloignée de l&#39;instant d&#39;inspiration. <strong>Elle prend ensuite un bain dans une source à l&#39;intérieur de moi-même, mais qui n&#39;est pas moi-même. Lorsqu&#39;elle sort de l&#39;eau de ce bain, elle irradie dans toute sa splendeur une idée primordiale qui ne m&#39;appartient plus.</strong> Elle apparaît alors comme dénudée des vêtements de mes propres émotions humaines, comme venue d&#39;ailleurs : de l&#39;intemporel.<br />
 <br />
Notez bien  <strong>Ceci n&#39;est pas une description de théoricien de l&#39;art.</strong><br />
 <br />
suite des commentaires sur  l&#39;Art  par JP Floch => =>  <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/actualite-votre-talent-naturel-25.php">Votre talent naturel</a><br />
Première mise en ligne : 2005]]></content:encoded>
      <pubDate>Tue, 07 Apr 2026 09:59:43 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Article sur Kiné Actualités</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-article-sur-kine-actualites-44.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[<div><u><strong>​Magazine Kiné actualités</strong></u> n° 1060 du <strong><u>15 mars 2007</u></strong> par Liza Marie-Magdeleine.<br />
<br />
Jean-Paul Floch s&#39;est consacré pendant 30 ans aux soins du corps humain. Ses connaissances de l&#39;anatomie profonde, il les met aujourd&#39;hui, en Bretagne, au service d&#39;un autre art : la sculpture de statues en Bronze.<br />
<br />
Qu&#39;il soigne ou qu&#39;il sculpte, l&#39;harmonie naît de ses mains. "<em>Je ne change pas de métier</em>, explique Jean Paul Floch, kinésithérapeute en conversion artistique, <em>mais je change de forme d&#39;expression"</em>. Depuis 2000, deux jours par semaine, il modèle ainsi des plâtres qu&#39;il coule en statues de bronze.<br />
 <br />
"<em>En sculpture, j&#39;ai tout appris par l&#39;observation</em>", souligne cet autodidacte, nourri par 30 ans de pratique médicale. Par le toucher, il a acquis la connaissance aiguë des moindres détails de l&#39;anatomie humaine. Non seulement la forme visible, mais aussi celle qu&#39;on ne perçoit pas à l&#39;oeil nu : l&#39;anatomie profonde, dont l&#39;harmonisation garantit le souffle vital. "<strong><em>Je considère que la kinésithérapie est une métier d&#39;art. Un kinésithérapeute peut harmoniser la structure d&#39;un patient qui souffre</em></strong>, renchérit Jean Paul Floch. <em><strong>Redonner la santé avec ses seules mains, c&#39;est même selon moi, l&#39;art le plus difficile et le plus beau. Il fait appel à l&#39;intuition, au sens du toucher, plus subtil à utiliser que la simple intelligence.</strong></em>"<br />
 <br />
Longtemps, 30 ans, la passion de ce métier est passée avant la sculpture. Son choix remonte à 1977 : quelques mois avant de passer son diplôme à Rennes, il fait connaissance avec son voisin, un sculpteur corse, lauréat du prestigieux Prix de Rome. Après avoir vu le jeune homme à l&#39;oeuvre, l&#39;artiste déclare : "Je ferai de toi un sculpteur. Tu choisis quoi ?".<br />
 </div>

<div>Par instinct, Jean Paul Floch opte pour la médecine : "J<em>&#39;étais conscient que pour connaître l&#39;anatomie, il fallait la toucher dans le vivant. Je lui ai répondu que je deviendrai sculpteur dans le dernier quart de ma carrière"</em>. Après cette longue pause, il se félicite aujourd&#39;hui de sa décision :   <br />
"<em><strong>l<strong>a </strong>kinésithérapie a été pour moi la meilleure école".</strong></em></div>

<div><em><strong> </strong></em><br />
Pour autant aucun de ses patients ne lui a servi de modèle, affirme-t-il. "<em>Dans mon esprit, il y a deux rangements : d&#39;une part l&#39;analyse matérielle, qui repose sur mes connaissances scientifiques. D&#39;autre part, une analyse émotionnelle, profondément personnelle.</em>" Son métier lui a apporté la connaissance, mais quant à la forme de ses sculptures, elle naît de l&#39;<em>idée primordiale</em>, construite mentalement à partir d&#39;une émotion. <strong>"<em>Après avoir défini l&#39;idée primordiale, les visages et les corps ainsi que les attitudes gestuelles apparaissent dans ma tête sous une forme plus ou moins éthérée."</em></strong><br />
 <br />
Soins et création restent donc distincts, même s&#39;ils sont liés. "<em>Comme kinésithérapeute, j&#39;organise à partir du patient que je touche. Tandis qu&#39;en sculpture, je crée ce que je n&#39;ai pas sous la main".</em><br />
 <br />
Le processus est donc inverse. D&#39;ailleurs, pour ne pas pervertir la forme de l&#39;idée qu&#39;il souhaite exprimer par une statue, Jean Paul Floch ne trace jamais d&#39;esquisse.<br />
 <br />
Atypique, son parcours de sculpteur "débutant" s&#39;annonce sous les meilleurs auspices. En 2002, il a exposé au Salon des Beaux-Arts du Carrousel du Louvre, dans le cadre d&#39;un concours intitulé "L&#39;Europe vue par les artistes", une sculpture justement nommée <strong><u><em>HARMONIE.</em></u></strong><br />
<br />
<br />
<br />
 </div>
]]></content:encoded>
      <pubDate>Thu, 17 Jul 2025 17:21:15 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Invention de ma méthode</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-invention-de-ma-methode-312.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[La mise au point de ma méthode est fondée sur l&#39;observation ainsi que sur le bon sens et surtout une solide connaissance vivante de l’anatomie. La gestation d’une sculpture se fait dans la patience et sa naissance est le fruit de beaucoup de travail.<br />
 <br />
 Les écoles enseignent, hélas, l&#39;imitation plutôt que "comment apprendre afin de découvrir par soi-même".<br />
 <br />
<u><em>Nostalgie</em></u> (photo 3 ) et  <u><em>Dignité</em></u> (photo 2 ) :  sculptures originales en terre, sont les premiers résultats de ma recherche sur l&#39;harmonisation anatomique dans la respiration d&#39;expression posturale.<br />
<br />
<u><em>Extase</em></u> (photo 1)  a permis l&#39;élaboration de ma propre technique. L&#39;oeuvre originale, trop fragilisée par les multiples matériaux, a été détruite au profit du moule servant à fabriquer les bronzes.<br />
<br />
Extase est pour moi un "prototype" de ma méthode de sculpture  du corps humain et n&#39;est donc pas commercialisée.<br />
                                                                                                                                                      Jean Paul Floch<br />
 <br />
 <br />
<br />
<br />
<br />
 ]]></content:encoded>
      <pubDate>Fri, 02 May 2025 11:40:26 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>ART CONTEMPORAIN</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-art-contemporain-184.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[La supériorité inégalée de Léonard de Vinci, outre sa technicité, est de donner une profondeur invisible à un tableau dans le respect figuratif de la forme humaine. Plusieurs siècles après sa réalisation ce portrait fait encore vibrer les cordes de l&#39;âme humaine, surpassant les émotions liées à ce monde de la matière, au-delà du conditionnement culturel, racial ou politique.<br />
<br />
Léonard de Vinci se situe bien au-dessus de l&#39;histoire d&#39;amour entre l&#39;art et l&#39;argent qui imprègne le milieu "art-finance" de l&#39;art dit contemporain : histoire totalement artificielle, donc automatiquement éphémère. Par exemple, faire l&#39;éloge purement intellectuel, snobe et surtout financier de la créativité géniale, moderne et libératrice d&#39;un trait noir sur un grand panneau blanc, c&#39;est prendre les gens pour des crétins. Ce qui devient très grave lorsqu&#39;on enseigne cela à vos enfants...<br />
<br />
Chacun peut constater maintenant les effets pervers de la fameuse «<em> liberté d’expression </em>» défendue par ceux qui, immatures et esclaves de leurs propres frustrations mentales, n&#39;hésitent pas à détruire le psychisme de vos enfants : jeux vidéos de violence, musiques, films et spectacles mettant en scène la perversion et la destruction.<br />
<br />
Pourtant, même la Loi interdit la « liberté d&#39;expression » de tuer un être humain....jusqu&#39;à quand ? Il y a manifestement une hiérarchie dans la liberté d&#39;expression. L&#39;étape de la liberté d&#39;expression qui consiste à tuer et esclavager le psychisme est franchie. Nous en voyons déjà les effets...<br />
<br />
L&#39;art de Léonard de Vinci, lui, ne se moquait pas des gens de bon sens. Il connaissait la valeur et les vertus du respect de la nature et du travail...<br />
<br />
Jean Paul Floch article écrit en 2003<br />
<br />
Suite des  réflexions d&#39;un thérapeute - sculpteur concernant l&#39;Art :<br />
                                   <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/actualite-l-art-de-vous-prendre-pour-des-cretins-29.php">L&#39;art de vous prendre pour des crétins</a> <br />
<br />
Copyrightfrance janvier 2007<br />
<br />
 ]]></content:encoded>
      <pubDate>Fri, 02 May 2025 11:30:16 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Art de vous prendre pour des crétins</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-art-de-vous-prendre-pour-des-cretins-29.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[<br />
De provoquer la violence à l&#39;école et d&#39;inspirer le terrorisme !<br />
 <br />
Les œuvres d&#39;art ainsi que les médias impriment des images dans votre cerveau sans que vous vous en rendiez compte.  84% des impressions venant du monde extérieur sont captées par les yeux. La répétition d&#39;images exprimant la violence ou les émotions négatives, stockées dans le cerveau, peuvent amener à des réactions violentes soudaines ou encore progressivement à la dépression.<br />
 <br />
<u><strong>Une oeuvre d&#39;art véhicule une influence par elle-même.</strong></u><br />
<br />
C&#39;est pour cela que j&#39;ai choisi de représenter seulement les aspects positifs de l&#39;être humain évolué.<br />
  <br />
Cependant, je ne me considère pas comme un humaniste mais plutôt comme un "harmoniste".<br />
 <br />
L&#39;art contemporain est "l&#39;art officiel" enseigné dans les écoles. Il permet ainsi de façonner l&#39;esprit de vos enfants au mépris de leur sensibilité naturelle.<br />
 <br />
Dans son livre "les mirages de l&#39;art contemporain". Historienne de l&#39;art, Christine Sourgins explique très bien tout cela.<br />
<br />
                                               <u><strong> Point de vue du thérapeute</strong></u><br />
<br />
En tant que thérapeute et non plus en tant qu’artiste, j’ai pu constater un phénomène insidieux de destruction sur beaucoup trop de jeunes, à la fois sur leur mental et jusque dans leurs propres corps, lié directement ou indirectement au formatage éducationnel.<br />
<br />
Personne ne peut contester le fruit d’une expérience directe de très longues  années de pratique des soins.<br />
 
<ul>
	<li>Est-ce là une manière positive d’ouvrir le cœur des néophytes ou encore de la jeunesse ?</li>
	<li>Comment la jeunesse peut-elle respecter les adultes alors que ceux-ci n’ont pas su ni voulu leur apporter le bien-être dans l’Harmonie ?</li>
	<li>Qui a introduit la violence et la perversion dans l’art audiovisuel, dans l’art théâtral, dans l’art pictural, dans l’art sculptural, dans les jeux vidéo sous prétexte de liberté d’expression? Les adultes ou la jeunesse ?       </li>
</ul>
 <br />
Le prétexte de la liberté d&#39;expression est souvent un leurre pour créer une nouvelle forme d&#39;esclavage : l&#39;esclavage de l&#39;esprit.                    <br />
 <br />
Lorsque le concept est l’expression de la schizophrénie, ou encore lorsqu’il épouse la violence ou bien la perversion quelle qu’elle soit, que peut-il transmettre insidieusement par le biais du subconscient ?        <br />
 <br />
L’origine du mal-être et de la violence, de plus en plus fréquents chez les jeunes, n’est-elle pas dans cette influence insidieuse sur leur subconscient plutôt que dans les difficultés de la vie qui ont toujours existé depuis la nuit des temps ?<br />
 <br />
Jean Paul Floch 26 Juin 2006.<br />
<br />
=> =>  : <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/actualite-visible-invisible-187.php"> Le visible -l&#39;invisible </a><br />
<br />
Copyrightfrance janvier 2007<br />
 <br />
 ]]></content:encoded>
      <pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:52:37 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Sourire de la Joconde</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-sourire-de-la-joconde-199.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[Léonard de Vinci a réuni, en un seul sourire, deux expressions qui s’attirent et se repoussent sans pouvoir se séparer. Le sourire particulièrement mystérieux de Mona Lisa est, en fait, un double sourire. J&#39;ai moi-même construit sur ce principe le sourire de ma sculpture <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/oeuvre-nostalgie-4.php">Nostalgie</a>, inspiré d&#39;un dessin de Michel Ange représentant Cléopâtre.<br />
 <br />
Le sourire tranquille de Mona Lisa (côté droit du visage photo 2) accueille le regard profond de son peintre. Lui, tout près d&#39;elle, traverse le voile humide des yeux de Mona Lisa afin de donner à sa chair une forme en harmonie avec la brillance de son coeur.<br />
<br />
Regardez la photo renversée (photo 3 en cliquant sur la flèche) et vous noterez que la zone la plus lumineuse, dorée comme le soleil, est située au niveau du coeur, en plein centre de la composition. Combien il a dû ressentir les battements de ce coeur pour figurer des broderies imperceptibles à l&#39;oeil nu, en transparence sous le voile. Ceci prouve bien que le voile a été ajouté dans un 2ème temps. Cette proximité accentue l&#39;intensité du caractère éthéré de l&#39;union du modèle à son peintre, née des longs moments du silence des poses.<br />
 <br />
La lèvre supérieure de Mona Lisa est subtilement prête à s&#39;entrouvrir comme si elle était sur le point d&#39;offrir sa sensualité à la pureté du regard qui réchauffait son coeur. La lèvre supérieure de l&#39;autre côté est plus ferme (photo 4). Elle montre une sorte de retenue, cependant très douce, assurée par la bajoue naissante qui traduit le côté volontaire de Léonard de Vinci.<br />
 <br />
La petite boule du menton, légèrement relevée par rapport au bas d&#39;une mâchoire bien enrobée, est due à une contraction musculaire. Ce genre de contraction incontrôlable vient d&#39;une émotion retenant les larmes, qu&#39;elles soient de tristesse ou bien de bonheur.<br />
 <br />
Léonard de Vinci a retravaillé ce tableau jusqu&#39;à la fin de sa vie. Peut-être a-t-il voulu, avant de quitter ce monde, indiquer la quête de toute sa vie : l&#39;expérience intérieure de l&#39; Amour.<br />
<br />
A-t-elle été humaine avant de devenir mystique ? La modification des 2 doigts de la main gauche de Mona Lisa (photo 5) donne l&#39;impression anatomiquement parfaite qu&#39;elle cachait un mouchoir. Etait-elle enrhumée ou bien a-t-elle versé quelques larmes ? Je ne pense pas que Léonard de Vinci ait apporté cette modification pour un rhume. A-t-il voulu signifier, par ce symbole pudiquement caché, la souffrance de la séparation, en ce monde, d&#39;un amour réciproque, vibrant au-delà de la morale construite par des règles et normes sociales? Est-ce un symbole d&#39;Amour Universel de son âme incarnée, souffrant de la séparation nostalgique du Tout : cette forme d&#39;amour nostalgique dont Rûmi et Hafiz se languissent dans leurs poèmes?.....<br />
 <br />
De cette profonde UNION éthérée, leurs regards ainsi que leurs lèvres se sont unis pour toujours dans le portrait de la Joconde, irradiant ainsi la vibration d&#39;une forme très élevée de l&#39; Amour : un amour qui défie les limites du temps et de l&#39;espace.<br />
<br />
<br />
<u>Interprétation du tableau de La Joconde déposée dans sa totalité le 24 Janvier 2007 :</u><br />
<br />
<strong><em><u>copyrightfrance  2007  texte déposé le 24 janvier 2007</u></em></strong><br />
<br />
 <br />
 ]]></content:encoded>
      <pubDate>Sat, 14 Dec 2024 11:10:18 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Investissement émotionnel- Energie créatrice</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-investissement-emotionnel-energie-creatrice-26.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[<div>Réponse à un internaute écrivain qui a demandé mon avis  : 26 Août 2006<br />
<br />
Votre lettre décrit très bien la réalité actuelle et vous avez 2 ou 3 siècles d&#39;avance dans la noblesse de vos souhaits. Mais, vous le dites vous-mêmes, "....Il faut que les électeurs changent..."  <br />
<br />
Pour ce qui me concerne, je ne m&#39; intéresse plus à la politique, étant profondément convaincu que<strong> le monde évolue selon des cycles de prises de conscience</strong> <strong>que l&#39;humanité subit dans l&#39;illusion de la liberté d&#39;action</strong>, chaque individu ayant un rôle à jouer.<br />
<br />
Cependant <strong>l&#39;attachement, à un investissement émotionnel dans le rôle, détruit insidieusement</strong> <strong>et progressivement l&#39;Energie créatrice</strong>.<br />
<br />
Le Collectif, quel qu&#39;il soit, n&#39;a pas de conscience (c&#39;est là la grande illusion dans laquelle se noient les idéologues). Sa seule puissance est de distribuer ce qu&#39;il a reçu de l&#39;individu, ni plus, ni moins....ce qu&#39;il a reçu tant en positif qu&#39;en négatif. La distribution étant , bien sûr, de même polarité.<br />
<br />
Vous me demandez mon avis et j&#39;en suis flatté. Je ne dirais donc pas "..il faut que les électeurs changent..."  comme vous le dites, mais plutôt : I<strong>l faut que l&#39;individu élève sa conscience pour changer. C&#39;est d&#39;ailleurs  le sens de ma sculpture Harmonie</strong><br />
<br />
Vous avez certainement constaté que l&#39;individu subit la masse dans sa perception de la réalité et de l&#39;illusion. Si vous présentez une rose avec un miroir, combien écrasent leur nez sur le miroir pour essayer de sentir le parfum? Combien se cassent les ongles sur le miroir pour         s&#39; approprier la rose? Combien saignent après avoir écrasé leurs doigts sur les épines de la vraie rose pour la posséder? <br />
<br />
Il viendra une période de l&#39;histoire où la science de la matière passera une nuit de noce avec la science de l&#39;âme dans son aspect "expérience individuelle" absolument non ostentatoire, donc automatiquement humainement fraternel.<br />
<br />
 Il est préférable de faire devenir notre espoir immortel et rendre ainsi notre vie harmonieuse étant donné le caractère éphémère, banal et illusoire de notre corps ainsi que de notre mental. Avec toute mon amitié et mes encouragements" <br />
<br />
Jean Paul Floch<br />
Copyrightfrance<br />
Echange avec un internaute en 2006</div>
]]></content:encoded>
      <pubDate>Wed, 02 Oct 2024 09:21:49 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Impressionnisme - Expressionnisme etc.</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-impressionnisme-expressionnisme-etc-188.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[Dans l&#39;impressionnisme et l&#39;expressionnisme, la forme est simplifiée, déformée et transformée au profit de l&#39;expression de l&#39;idée. Cela peut être très beau.<br />
 <br />
Cependant, ces styles révèlent trop souvent l&#39;incapacité à reproduire fidèlement la forme la plus évoluée de ce monde : la forme humaine. Il est vrai toutefois qu&#39;une forme académique sans expression est bien fade.<br />
<br />
Les autres styles modernes du 20e siècle ne dépassent pas, pour la plupart, la dimension de l&#39;intellect, unique source du concept. Ils peuvent caresser ou bien heurter les émotions humaines liées à ce monde, mais c&#39;est tout. Ils ne peuvent pas toucher l&#39;âme ni susciter les interrogations existentielles de l&#39;être humain, et encore moins les apaiser.<br />
 <br />
Peut-être l&#39;agitation du monde actuel, insécurisant   parfois effrayant, est-elle la conséquence de l&#39;intérêt porté à l&#39;animalité de l&#39;être humain plutôt qu&#39;à sa noblesse. C&#39;est quand même un urinoir classé "oeuvre d&#39;art" qui a fortement influencé l&#39;art du 20e siècle jusqu&#39;à nos jours : surréalisme, pop art etc..<br />
 <br />
L&#39;acceptation résignée de chacun n&#39;est-elle pas une forme de responsabilité individuelle ?<br />
<br />
A St Marcel nov 2003<br />
<br />
Suite actualités sur l&#39;Art : <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/actualite-leonard-de-vinci-la-respiration-d-expression-166.php">Léonard de Vinci : la respiration d&#39;expression</a><br />
 ]]></content:encoded>
      <pubDate>Sat, 03 Aug 2024 11:38:50 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Amour de mon père pendant la seconde guerre mondiale</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-amour-de-mon-pere-pendant-la-seconde-guerre-mondiale-702.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[Mon père, engagé militaire le 5 mai 1936, a combattu réellement sur la Marne les 11 et 12 juin 1940, et fait prisonnier pour ensuite travailler dans une usine de porcelaine en Bavière.<br />
<br />
Sachant que cela pouvait lui sauver la vie, il avait appris l&#39;allemand en 3 mois. Il pouvait ainsi comprendre ce que les Allemands disaient et en informer les autres prisonniers.<br />
<br />
Lors d&#39;un comptage de prisonniers dans cette usine, il a profité d&#39;une inspection par un colonel Allemand et s&#39;est avancé, empoigné aussitôt par les gardes. Il a demandé à parler au Colonel, lequel l&#39;a convoqué 1 heure après. Il lui a expliqué qu&#39;il perdait son temps à fabriquer des soucoupes de porcelaine et qu&#39;il pourrait se rendre plus utile en exerçant ses compétences civiles d&#39;ingénieur agronome (ce qui était faux bien entendu mais il savait que les alliés ne bombarderaient pas la campagne).<br />
Interrogatoire poussé : Où avait-il obtenu son diplôme, expérience etc..."A Alger" dit-il, sachant que les Allemands ne pouvaient pas vérifier.<br />
Quelques jours plus tard, on lui confiait la gestion d&#39;une grosse ferme. N&#39;y connaissant strictement rien dans les travaux de la ferme, il a appris grâce à la complicité et la confiance de quelques prisonniers.<br />
<br />
Il a réussi à faire passer une lettre à ses parents par un soldat allemand en permission et qui repartait à Bordeaux : "Nous étions logés dans l&#39;usine à 50 mètres de la gare d&#39;une ville de 30.000 habitants, au dessus d&#39;un dépôt d&#39;essence. Vous devinez tout de suite la suite...Nous avons déjà eu des alertes contre avions cet hiver et je me suis dit une chose : si déjà nous avons des alertes en janvier qu&#39;est-ce que cela sera au mois de mai ! J&#39;ai trop souffert des bombardements avant ma captivité, ça ne m&#39;enchantait pas du tout. Et comme j&#39;ai l&#39;intention de revenir et de ne pas laisser ma peau dans ce triste pays, j&#39;ai pris les devants et maintenant je suis délivré de cette obsession qui ne me quittait plus ".<br />
<br />
Les prisonniers revenaient chaque soir à leur commando et le drapeau allemand flottait toute la journée sur le camp en haut d&#39;un grand mât.<br />
<br />
=> <strong><u>Le 14 juillet 1943,</u></strong> <strong>mon père a réussi à remplacer le drapeau allemand par le drapeau français. </strong>Tous les prisonniers pouffaient de rire et les Allemands s&#39;en sont apperçu seulement le soir à la baissée du drapeau.<br />
Mon père s&#39;est dénoncé pour éviter de faire porter à d&#39;autres les conséquences de son acte. Il a écopé de 3 semaines au cachot au régime eau + pain de seigle mélangé à la sciure de bois.<br />
<br />
Une prisonnière russe (qui travaillait aux cuisines et qui a certainement apprécié la vénération de mon père pour son pays) a pris le gros risque de lui donner à manger toutes les nuits par le soupirail qui donnait sur la cour des femmes. C&#39;est ainsi qu&#39;il est ressorti en forme et sans que les Allemands ne se posent la moindre question. Des pitreries comme celles-là, il en a fait d&#39;autres, d&#39;où de multiples changements de commandos.<br />
<br />
Le 26 mars 1945, du fait de l&#39;avancée des Américains, il a été enfermé dans le camp Hammelburg au nord de la Bavière. Il était tellement intrépide que ses gardiens craignaient qu&#39;il ne se venge des mauvais traitements qui lui avait été réservés. Ce camp  a été libéré le 5 avril 1945.<br />
<br />
Patton a ordonné personnellement d&#39;aller libèrer les prisonniers US (dont son propre neveu) de l&#39;OFLAG XIII B  par une  "special Task Force"  et commandée par le captain Abraham J Baun.<br />
<br />
Après sa libération, enrôlé dans l&#39;armée américaine, il a participé à la libération de Buchenwald dont il a gardé un souvenir tenace jusqu&#39;à la fin de sa vie.<br />
Il a pris sous son aile 2 prisonniers français qui étaient notaire et pharmacien. Il a été frapper chez le Maire du village et a exigé qu&#39;il sorte sa plus belle vaisselle et serve un vrai repas à ces prisonniers. Bien sûr, le Maire "n&#39;était pas informé de ce qui se passait au camp!" Comme il y avait un piano dans le salon, il a également exigé que la fille joue du piano. Bien après cet épisode, le notaire et le pharmacien ont écrit une lettre à mon père pour le remercier vivement de leur avoir rendu leur dignité ce jour là.<br />
Il a ensuite quitté le convoi américain pour rentrer à sa garnison de St Maixent car le comportement des américains vis à vis des femmes allemandes le révoltait.<br />
<br />
​Marie-Laurence, mon épouse, était son unique confidente et ils sont restés complices jusqu&#39;à sa mort. Mon père lui disait souvent : "vous êtes la fille que je n&#39;ai jamais eue".<br />
<br />
En 1946, pendant son année à l&#39;Ecole d&#39;Officiers de St Cyr Coëtquidan où il avait été admis 4ème sur 96, il voulait fonder une famille et il a dit à Marie-Laurence : "J&#39;ai rencontré une jolie femme blonde à Guer qui était la gentillesse même !" Ils se sont mariés le 29 octobre 1946 et mon frère est né un an après.<br />
<br />
=> 8 jours avant sa mort en 2011, il a demandé à être hospitalisé à la clinique de Malestroit pour être près de nous. En partant de la maison, il a demandé si Marie-Laurence pouvait lui consacrer un long moment le lendemain car il voulait que ses fils apprennent son secret après son départ. Il a donc raconté son amour sans lendemains en Allemagne. Elle s&#39;appelait Maria.<br />
<br />
A la libération, alors que la garnison américaine  était à une tentaine de km de la ferme des parents de Maria, il a demandé la permission de quitter un moment le campement. Permission refusée!<br />
Mais l&#39;envie de revoir sa bien aimée était trop forte. Il a pris un vélo et il a pédalé sous les bombes pour rejoindre Maria. A la nuit tombée, il est arrivé devant la ferme et il a vu le grand-père sur le pas de la porte. Il s&#39;est alors transformé en statue de sel ! Incapable de traverser la route pour affronter les regards de la famille qui l&#39;avait respecté pendant sa captivité. Il craignait d&#39;y lire la haine qu&#39;il voyait sur le visage des Allemands tout au long de la traversée des convois américains. Il ne pouvait pas l&#39;affronter, et surtout il avait peur du regard de Maria. Il avait quitté cette famille en vaincu et il revenait en vainqueur! C&#39;est donc le coeur déchiré qu&#39;il a regagné difficilement le campement. Le sort avait frappé!<br />
<br />
En 1957, il a voulu montrer à ses enfants les fermes où il avait travaillé pendant la guerre. Un après-midi pendant la sieste, il s&#39;est éclipsé pour aller voir la ferme qui lui tenait tant à coeur. Maria était dans la cuisine et s&#39;est élancée vers lui car elle croyait qu&#39;il était venu la chercher. Elle l&#39;avait attendu tout ce temps ! <br />
<br />
Lorsque mon père lui a expliqué que les militaires français n&#39;avaient pas le droit de se marier avec des Allemandes à la fin de la guerre (je crois que cette interdiction a duré 2 ans) et qu&#39;il avait fondé une famille avec 3 enfants, Maria lui a dit : "je ne ferai jamais le malheur de tes enfants, il faut que l&#39;on s&#39;oublie et je te souhaite d&#39;être heureux toute ta vie". Mon père lui a dit également qu&#39;à la réflexion, il s&#39;était rendu à l&#39;évidence qu&#39;ils n&#39;auraient jamais été heureux parce qu&#39;il y avait trop de haine dans les 2 pays. Ils se sont quittés tous les 2 avec un coeur ravagé.<br />
<br />
Après avoir détaillé de façon très précise son histoire allemande, il a dit à Marie-Laurence : "Maria doit être morte maintenant". Marie-Laurence lui a répondu qu&#39;il avait du toupet parce que Maria était plus jeune que lui ! Elle l&#39;a convaincu d&#39;accepter qu&#39;elle en parle à ses fils. Elle lui a dit : Au vide de votre présence, vous allez rajouter de la tristesse dans le coeur de  Jean-Paul parce qu&#39;il n&#39;aura pas pu en parler avec vous. Vous dites souvent que Jean-Paul est l&#39;extension de vous-mêmes alors comment le prendriez-vous à sa place?  A son grand étonnement, mon frère et moi avons très bien acceuilli cette histoire qui n&#39;entâchait pas du tout son vécu avec notre mère. <br />
<br />
Grâce à Internet, nous avons pu localiser la ferme et contacter la famille. C&#39;est ainsi que nous avons appris que non seulement Maria était toujours vivante mais qu&#39;elle habitait juste à côté de son neveu. Tous les jours nous avions des précisions sur la vie de Maria puisque sa nièce nous servait d&#39;interprête. Mon père prenait goulûment tous les détails.<br />
<br />
Maria avait la voix  très douce et ses photos montraient une très jolie femme de 89 ans. Elle était comme une adolescente qui retrouvait son amour de jeunesse.  Elle voulait venir voir mon père à la clinique mais ses neveux l&#39;en ont dissuadée : trop de fatigue et ils avaient raison.<br />
<br />
2 jours avant le grand départ de mon père, j&#39;ai appelé Maria et je lui ai proposé de parler à mon père au téléphone. J&#39;avais préparé mon texte sur un papier parce que je ne parle pas l&#39;allemand et Maria m&#39;a dit que je parlais l&#39;allemand comme un dictionnaire. Elle était ravie et c&#39;est donc 20 minutes plus tard qu&#39;ils se sont parlé en allemand pendant plus d&#39;une demie-heure. Ils avaient gardé vivant dans leur coeur ce premier grand amour et tous les deux savaient qu&#39;ils devaient se quitter pour de bon. <br />
<br />
A la fin de la conversation, Marie-Laurence était en larmes et nous étions tous très émus  et mon père nous a dit : "c&#39;est magique, c&#39;est inespéré, je nage dans le bonheur. Vous avez entendu Maria me dire souvent : "mein Glück", cela signifie mon bonheur, ma chance, car elle m&#39;appelait toujours ainsi en Allemagne. Elle venait travailler dur aux champs pour être près de moi alors qu&#39;elle était universitaire à la ville. Elle chantait tout le temps". Cette belle histoire s&#39;est donc terminée dans le bonheur.<br />
<br />
Maria et mon père avaient surpassé les limitations relatives à ce monde, en établissant une véritable communication éthérée, spécialement pendant qu&#39;ils s&#39;affairaient en silence chacun dans son jardin.<br />
<br />
C&#39;est la raison pour laquelle mon père parlait parfaitement l&#39;allemand à la fin de sa vie sans l&#39;avoir pratiqué extérieurement pendant plusieurs décennies.<br />
<br />
C&#39;est là le type de communication éthérée que j&#39;ai décrit dans mon analyse-interprétation du tableau de Léonard de Vinci : "La Joconde" encore appelée : "The Mona-Lisa".<br />
<br />
Le lendemain de cette conversation, tout était accompli pour mon père. Il pouvait tourner la page de la vie. Epuisé, il ne pouvait plus parler mais il a caressé longuement nos mains avant de s&#39;envoler. Il nous a toujours dit que Marie-Laurence et moi serions à ses côtés pour l&#39;aider à partir. Son départ s&#39;est fait dans une parfaite sérénité.<br />
<br />
Nous étions tous heureux de le voir partir vers un monde qu&#39;il avait choisi. En effet, il ne voulait pas être une charge pour Marie-Laurence qui donnait son temps pour s&#39;occuper de lui et de ma mère et il a choisi tout simplement d&#39;arrêter de manger et nous avons respecté son choix. Mon père reste gravé dans la mémoire des médecins qui se sont succédés à son chevet. Il est parti en parfaite santé.<br />
<br />
Pour préserver ma mère, nous ne lui avons jamais raconté la véritable fin de vie de mon père. Elle n&#39;aurait pas compris. Mon père nous avait dit : "Prenez bien soin de votre maman, car vous avez eu une très bonne mère et elle vous a bien élevés". Je le confirme.<br />
<br />
Nous avons également essayé de combler le vide laissé dans le coeur de Maria en répondant au mieux à toutes ses questions sur mon père. Elle trouvait en moi la passerelle pour combler son coeur meurtri par la guerre. Elle m&#39;appelait : "mon rêveur" .<br />
<br />
Mariée à 40 ans, elle est devenue veuve un an plus tard. Elle n&#39;a jamais eu d&#39;enfants. Le jour de son décès en septembre 2019, ses neveux nous ont prévenus.<br />
<br />
J&#39;ai pensé que mon père aurait été heureux de savoir que nous avions donné aux 2 femmes de sa vie, toute l&#39;attention dont elles avaient besoin. Elles sont parties toutes les 2 totalement apaisées et heureuses de quitter un monde qu&#39;elles ne comprenaient plus.<br />
<br />
Mon père disait toujours : "chez les Floch, on a une seule devise : "faire face et considérer que la vie est un cadeau même si c&#39;est parfois difficile". Je le remercie de m&#39;avoir inculqué ces valeurs qui m&#39;ont été précieuses notamment dans mon combat pour défendre mon art. Je l&#39;explique sur la biographie de ce site.<br />
<br />
Précisions :  <br />
=> J&#39;ai reproduit l&#39;essentiel de la <a href="https://www.jeanpaul-floch.com/sculpture-bronze/actualite-allemagne-captivite-de-mon-pere-lettres-a-ses-parents-36.php">correspondance de mon père pendant la captivité</a> , lettres adressées à ses parents]]></content:encoded>
      <pubDate>Mon, 24 Jun 2024 21:58:50 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Cérémonie de remise de la Légion d'Honneur</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-ceremonie-de-remise-de-la-legion-d-honneur-10.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[Depuis le décès de mon père le 27 mars 2011, j&#39;ai retrouvé des lettres de militaires attestant de son grand engagement dans les combats de Juin 1940.<br />
<br />
Mon père m&#39;a raconté que lorsqu&#39;à court de munitions et après un combat acharné son régiment s&#39;est rendu, le général allemand (il avait reconnu le revers rouge de son manteau) a ordonné à ses troupes de faire une haie d&#39;honneur aux prisonniers français.<br />
<br />
Ceci explique la Légion d&#39;Honneur à titre militaire qu&#39;il a accepté en 2007 sous mon insistance alors qu&#39;elle lui avait  été proposée en 1963 sans qu&#39;il l&#39;accepte parce-qu&#39;il savait qu&#39;elle avait été donnée à des déserteurs qui s&#39;étaient fait passer pour des héros. Mon père a toujours eu un grand sens de l&#39;honneur. <br />
<br />
(voir photos sur la gauche en cliquant sur les flèches).<br />
<br />
<br />
                                    <u><strong>Discours de mon père : Pierre Floch </strong></u><br />
<br />
<strong>                                      - Guer : Vendredi 13 juillet 2007 :</strong><br />
<br />
Chers amis,<br />
 <br />
Je tiens tout d’abord à remercier les autorités civiles et militaires qui nous ont honorés de leur présence aujourd’hui.<br />
 <br />
Je remercie le Colonel Pelletier qui m’a fait l’honneur de me remettre la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur. Il symbolise pour moi cette grande famille qu’est l’armée et qui m’a beaucoup apporté.<br />
 <br />
Je dois un merci tout particulier également à un camarade d’enfance (nous étions scouts ensemble), le Général André Garandeau, ancien élève de la 2ème promotion de l’ESMIA en 1946 comme moi, lui à la 8ème  compagnie, moi à la 7ème compagnie, qui par amitié, est intervenu en ma faveur au Ministère de la Défense en Janvier dernier, afin de faciliter mon inscription sur la liste des nouveaux promus.<br />
 <br />
Il connaissait mon passé militaire, mes états de service, il savait que je remplissais les conditions puisque j’avais déjà été proposé par la Subdivision pour la légion d’honneur il y a plus de 40 ans, j’avais 45 ans à l’époque, et n’avais pas accepté pour des raisons personnelles, ayant été profondément choqué, pour ne pas dire scandalisé, par tout ce dont j’avais été témoin en 1940. Pour moi, à l’époque, la légion d’honneur avait perdu toute sa valeur. J’ai donc laissé tomber, y compris une proposition pour l’Ordre du Mérite il y a plus de 40 ans en 1965. Cette fois-ci, j’ai accepté pour faire plaisir à mon fils, Jean Paul.<br />
 <br />
Pour moi, aujourd’hui est un grand jour, je veux y associer tous ceux qui ont combattu en 1940, et je tiens à leur rendre l’hommage qui leur est dû. Cette croix de la légion d’honneur m’a été remise aujourd’hui à titre militaire.<br />
 <br />
Le 11 juin 1940, à Varennes sur Marne, j’ai pris le commandement d’une section de mitrailleuses du 47ème Régiment d’infanterie pour remplacer l’aspirant Vandalovski qui venait d’être grièvement blessé. J’étais jeune sous-officier d’active à l’époque, je venais d’avoir 22 ans, titulaire du Brevet de chef de section, j’avais été désigné par l’Ecole de St Maixent pour servir dans un régiment de réservistes de 29 ans.<br />
 <br />
J’avais entendu dire que les bretons étaient des durs. Je m’en suis aperçu sur place pendant les combats, et j’ai pu apprécier leur courage, leur détermination et leur sang-froid, face à des situations dangereuses, parfois tragiques, quelquefois même désespérées. Malgré nos lourdes pertes, ils ont toujours su conserver un moral exceptionnel. Ils ont combattu jusqu’à épuisement total de nos munitions.<br />
 <br />
Dans ma section, sur 35, les 2/3 étaient des cultivateurs. Ils ont su faire honneur à leur métier. Nous avons suivi l’exemple d’un jeune officier d’active qui commandait le point d’appui, le capitaine Jean Pfister, âgé de 29 ans, ancien St Cyrien, qui avec un certain panache, nous a montré par son attitude qu’un chef, un vrai chef, avait le sens de l’honneur, le sens du devoir et celui de la dignité. Le capitaine Pfister a tiré ses derniers coups de feu dans ma section, il a eu la chance comme moi de figurer parmi les rares survivants. Il a fait 5 ans de captivité dans un Oflag, moi, 5 ans dans un Stalag. Nous nous sommes retrouvés en 1945 à St Maixent où nous habitions.<br />
 <br />
Le capitaine Pfister dès son retour en France a tenu à faire un rapport au Ministère des Armées pour rendre compte de ce qui s’était passé exactement pendant la bataille de Varennes sur Marne les 11 et 12 juin 1940 et il est intervenu pour me faire obtenir une citation à l’ordre de l’Armée et la Croix de guerre avec palme. Je les ai reçues le 31 décembre 1946.<br />
 <br />
Personnellement, quand je me suis rendu, j’étais couvert de terre, je n’avais plus mes lunettes, ma gamelle aluminium avait été traversée de part en part par des éclats. J’ai eu la baraka, aujourd’hui, j’ai 89 ans et je suis toujours vivant.<br />
 <br />
J’ai eu beaucoup de chance, davantage que mon ami le sous-lieutenant Colas des Francs, séminariste, qui commandait la section de mitrailleuses voisine de la mienne, et qui est mort éventré sur une mitrailleuse après une attaque de stukas.<br />
 <br />
Je rappelle qu’entre le 15 Mai et le 15 Juin 1940, nous, armée française avons eu près de 100.000 morts en seulement un mois, un véritable carnage, suite à de nombreuses attaques aériennes et de très violents combats.<br />
 <br />
L’armée française a lâché dans la nature en Juin 1940 des hommes parfois et souvent sous-équipés, face à une force colossale qu’était l’Armée allemande, très organisée, dotée de moyens de destruction énormes, d’une puissante artillerie, d’une multitude de chars, et surtout, disposant d’une aviation lui assurant la maîtrise totale du ciel.<br />
 <br />
Depuis le début de la guerre, et pendant toutes les opérations auxquelles j’ai participé, je n’ai jamais vu un avion français ou anglais.<br />
 <br />
Les 11 et 12 Juin 1940, 2 jours seulement avant l’arrivée des troupes allemandes à Paris qui y sont entrées le 14 Juin, nous représentions la dernière ligne de défense et de résistance sur la Marne.<br />
 <br />
Nous avons été littéralement enfoncés, totalement submergés, et, à court de munitions, encerclés de toute part, sans plus aucun espoir de ravitaillement, nous avons dû nous rendre. Nous n’étions qu’une poignée de survivants.<br />
 <br />
Tous nos blessés et grands blessés ont pu être sauvés grâce à l’intervention du service de santé de l’armée allemande qui, aussitôt après les combats, a envoyé de nombreuses ambulances motorisées pour récupérer tous les blessés, allemands et français sans distinction, pour les diriger ensuite vers un hôpital militaire de campagne allemand.<br />
 <br />
Nous, voici quels étaient les moyens sanitaires dont nous disposions : Au niveau de la compagnie : Rien, puisque rien n’était prévu. Seulement à l’échelon du bataillon : un sous-lieutenant réserviste médecin, 6 infirmiers et 2 fourgons attelés par 2 chevaux avec mission : ramassage et évacuation des blessés. Nous, Armée française, comparés à l’Armée allemande, nous avions une guerre de retard.<br />
 <br />
Nous nous sommes retrouvés à près de 2 millions de prisonniers fin Juin en Allemagne. Plus des 3/4 n’avaient jamais tiré un coup de fusil, n’avaient jamais combattu. Pendant la débâcle, des unités entières, bataillons, escadrons, régiments ont été faits prisonniers, désarmés, sans combat.<br />
 <br />
Ils ont suivi les instructions et exécuté les ordres donnés par le Haut commandement, qui lui-même devait obéissance à des politiques, des civils, car en temps de guerre, c’est le pouvoir civil en place qui décide de l’orientation et de la conduite des opérations.<br />
 <br />
Mais nous ne sommes pas là aujourd’hui pour faire le procès des erreurs, des carences ou des incompétences, seule l’histoire jugera.<br />
 <br />
Cependant, nous ne devons pas incriminer, accabler et culpabiliser les anciens combattants de 1940. Ils ont fait ce qu’ils ont pu avec les moyens qui leur ont été donnés, ils ne sont pas responsables de la défaite.<br />
 <br />
<strong>Je pense à tous les réservistes qui m’accompagnaient, certains pères de famille, fauchés en pleine jeunesse à 29 ans, et qui, sans hésiter, nous ont donné une leçon de bravoure, de patriotisme pour la défense de nos libertés, ils méritent tous notre considération, la reconnaissance de la nation toute entière et toute notre affection.<br />
 </strong><br />
C’est pourquoi aujourd’hui, 67 ans après, je suis fier de partager ma légion d’honneur avec eux. En leur mémoire, en leur honneur, avec une <u><strong>pensée particulière pour les nombreuses veuves et orphelins dont on ne parle plus</strong></u>, en leurs noms à toutes et à tous, survivants et disparus,<br />
<br />
Je vous dis merci et merci de m’avoir écouté.<br />
 <br />
Pierre Floch le 13 Juillet 2007<br />
<br />
<br />
 ]]></content:encoded>
      <pubDate>Tue, 30 Apr 2024 09:07:53 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Allemagne : Captivité de mon père - Lettres à ses parents</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-allemagne-captivite-de-mon-pere-lettres-a-ses-parents-36.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[<div><em>Mon père, engagé militaire le 5 mai 1936 a combattu réellement sur la Marne les 11 et 12 juin 1940 et fait prisonnier pour ensuite travailler dans une usine de porcelaine en Bavière.<br />
<br />
Sachant que cela pouvait lui sauver la vie, il avait apris l&#39;allemand en 3 mois. Il pouvait ainsi comprendre ce que les allemands disaient et en informer les autres prisonniers.</em></div>
 <br />
Chaque prisonnier avait un nombre de cartes et de lettres très restreint. Mon père écrivait donc le plus possible en serrant le texte à son maximum. Donc aucune mise à la ligne comme ici.<br />
 <br />
Les premières lettres ne sont pas parvenues et il n&#39;avait aucune nouvelle de ses parents.<br />
 <br />
Voici la première datée du <strong>21-8-1940</strong><br />
 <br />
Chers Parents ,<br />
 <br />
Je ne sais si vous avez reçu de mes nouvelles.<br />
 <br />
Je vous ai écrit 3 cartes et c&#39;est la première lettre aujourd&#39;hui. Je compte sur une réponse prochaine de votre part peut-être cette semaine ?<br />
 <br />
D&#39;ailleurs voici les instructions que nous avons reçu à ce sujet :<br />
 <br />
Nous avons le droit d&#39;écrire 3 fois par mois. Le 1er et le 10 une carte, le 21 une lettre.<br />
 <br />
Quant à vous, cela ne semble pas limité tant pour l&#39;expédition de colis (5 kg) que de lettres (le tout en franchise et par poste). Surtout ayez soin d&#39;écrire lisiblement l&#39;adresse qui se trouve au dos.<br />
 <br />
Quant à moi, je vais très bien et suis en bonne santé. Je ne sais pas ce qui s&#39;est passé depuis que je suis prisonnier.<br />
 <br />
J&#39;espère que vous êtes toujours en bonne santé et à St Maixent c&#39;est d&#39;ailleurs là que je compte bien vous retrouver dès mon retour, car, quelle que soit la situation, j&#39;ai déjà une fière chance, celle de ramener ma peau et de revenir indemne, chose que hélas tous mes camarades ne peuvent plus dire.<br />
 <br />
Par conséquent, ne vous inquiétez pas trop. Que Papa ne se fasse pas trop de souci, je suis jeune et je reviendrai à la maison et tout s&#39;arrangera. J&#39;ai encore 2 bras pour travailler.<br />
 <br />
Si vous pouvez m&#39;expédier un colis...mais surtout ne vous privez pas trop pour moi. Mettez y....<em>(lettre coupée par les gardes Allemands selon les dires de mon père).<br />
 </em><br />
<br />
<strong>21/09/1940</strong> :<br />
 <br />
Enfin reçu de vos nouvelles avant-hier!<br />
 <br />
On m&#39;a remis la lettre et la carte des 17 et 18 Août. Quel soulagement car voici presque 4 mois que je n&#39;avais rien de vous. Toutes les suppositions m&#39;étaient déjà passées par la tête aussi maintenant suis-je rassuré. Vous êtes tous en bonne santé et vivants!!! c&#39;est l&#39;essentiel.<br />
 <br />
Vous ne me dites pas si la région est occupée, presque certainement.<br />
 <br />
Je serais heureux également d&#39;avoir des nouvelles des camarades St Maixentais, la plupart de ceux de mon régiment, j&#39;ignore leur sort.<br />
 <br />
J&#39;ai été fait prisonnier le 12 Juin à proximité de Château Thierry. Beaucoup de camarades y ont laissé leur peau. Moi je suis un homme veinard car je n&#39;ai même pas une égratignure actuellement et je me porte à merveille.<br />
 <br />
Je travaille dans une fabrique de porcelaine comme tourneur. Nous y sommes bien traités, nous ne souhaitons plus qu&#39;une chose tous, c&#39;est le retour au bercail.<br />
 <br />
Aujourd&#39;hui, Dimanche, j&#39;ai le temps de songer toute la journée. J&#39;envisage l&#39;avenir bien entendu et, ma foi, je ne désespère pas à 22 ans, on se débrouille toujours. J&#39;essaierai, sur concours, de rentrer dans l&#39;administration. Sinon je me suis créé des relations pendant la guerre, et j&#39;ai plusieurs adresses qui me permettront, je pense, de trouver une situation.<br />
 <br />
Quant à vous, je suppose que ça ne doit pas être drôle actuellement. La vie doit être chère et les ressources diminuent, mais ce n&#39;est qu&#39;un mauvais passage. Que Papa ne se tourmente pas trop, à mon retour je me débrouillerai bien.<br />
Je vous embrasse tous<br />
Pierre<br />
<br />
<u><em>Notes JP Floch: </em></u><strong>Mon père a, entre autre, échappé aux éclats d&#39;obus en enlaçant un arbre. Sa capote déchiquetée, ses gamelles transpercées et lui s&#39;en est tiré grâce à l&#39;arbre. Il a vu son meilleur ami, le prêtre Colas des Francs décapité à côté de lui. Un autre éventré etc etc..<br />
 </strong><br />
 <br />
<u><strong>01-12-1940</strong> : </u><br />
<br />
Chers parents,<br />
 <br />
J&#39;ai reçu ces derniers jours votre lettre du 25-10. Elle m&#39;a fait bien plaisir et m&#39;a mis un peu au courant des nouvelles St Maixentaises. J&#39;étais au courant des décès de Forest et Haraud puisqu&#39;il étaient à mes côtés. Qu&#39;est devenu Pineau?<br />
 <br />
Quant à moi, toujours en santé. Le moral aussi bon que possible, meilleur certainement le jour où je vous retrouverai tous. Et Papa, comment va-t-il? Je vous quitte pour ce soir en vous embrassant tous. Pierre.<br />
 <br />
<u><strong>24-01-1941</strong></u><br />
 <br />
Chers parents,<br />
 <br />
Deux mots pour vous donner de mes nouvelles et vous rassurer sur mon sort.<br />
 <br />
Je suis toujours en bonne santé et vais tout à fait bien.<br />
 <br />
Je travaille toujours à la même fabrique de porcelaine et continue à faire mes traditionnelles soucoupes ; je commence à avoir le coup de main d&#39;ailleurs, voici quelques dizaines de milliers que je sors. Ce n&#39;est plus qu&#39;une question de routine maintenant. C&#39;est même fortement rasoir, croyez-moi.<br />
 <br />
Enfin on s&#39;habitue à tout, il y a même bien plus malheureux que moi hélas.<br />
 <br />
D&#39;ailleurs au printemps et pour des raisons spéciales, si c&#39;est possible, je tâcherai de travailler à l&#39;extérieur. Ce sera beaucoup plus intéressant que d&#39;être toujours enfermé et plus sain.<br />
 <br />
Un petit stage dans la culture, par exemple. Ce sera une bonne occasion de m&#39;instruire. On se souviendra longtemps de notre villégiature!<br />
 <br />
Enfin, j&#39;espère qu&#39;on sera quand même libéré suffisamment tôt pour ne pas sortir d&#39;ici avec des cheveux blancs, quoique maintenant, on ne se fait plus d&#39;illusions. Il ne reste plus qu&#39;à nous résigner.<br />
 <br />
Envoyez moi si possible, dès que vous pourrez, car ma foi autant s&#39;organiser : un des 2 pantalons de treillis que je dois avoir dans une de mes malles. Il faudra peut-être le raccourcir et le reprendre à la ceinture, joignez-y également loup de mer et une de mes deux chemisettes et serviette de toilette.<br />
 <br />
Donnez moi de vos nouvelles avec plus amples détails, la vie doit être dure actuellement en France, enfin, songeons toujours à ceux qui sont encore plus à plaindre que nous et Dieu sait s&#39;il y en a!<br />
 <br />
Je vous quitte pour ce soir, je vous embrasse tous, Pierre.<br />
 <br />
<em><u>Note JP Floch</u>:  </em><strong><em>Logé dans un dortoir au dessus d&#39;un dépôt d&#39;essence (30.000 litres), il cherche à dégager au plus vite, craignant des bombardements alliés (janvier 1941).<br />
 </em></strong><br />
<u><strong> 01/02/1941 :</strong></u><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Rien de sensationnel ces jours-ci. Nous avons toujours beaucoup de neige dans le pays. C&#39;est très joli d&#39;ailleurs, malgré tout l&#39;hiver commence à tirer à sa fin. Jusqu&#39;à présent, nous n&#39;en avons pas souffert.<br />
J&#39;espère que vous êtes toujours tous en bonne santé. Pour ce qui est de la question des colis, je les ai tous reçus et je vous en remercie. D&#39;ailleurs j&#39;ai déjà du le faire.<br />
Bonjour affectueux à tous.<br />
Pierre<br />
<br />
<u><strong>21-02-1941</strong></u>  : <br />
<br />
Chers parents,<br />
 <br />
Je fais réponse à votre dernière carte qui est du 31 Janvier.<br />
 <br />
D&#39;après ce que vous me dites, à la maison, tout va bien, c&#39;est l&#39;essentiel. La santé, on s&#39;en aperçoit d&#39;ailleurs maintenant plus que jamais, c&#39;est tout.<br />
 <br />
Je plains fort les gens maladifs et faibles surtout actuellement, car l&#39;épreuve va encore être plus dure pour eux que pour nous.<br />
 <br />
Quant à moi, je me porte bien, nous menons une vie régulière qui est tout à fait saine, cependant j&#39;attends avec impatience les beaux jours pour travailler au grand air, car malgré tout, être toujours enfermés dans une usine surchauffée, ce n&#39;est pas intéressant.<br />
 <br />
D&#39;ailleurs, j&#39;ai toujours aimé les voyages et les changements. J&#39;ai une occasion unique de rouler ma bosse. Je veux en profiter.<br />
 <br />
Vous seriez bien gentils de me donner quelques renseignements sur les camarades s/officiers comme moi, prisonniers en Allemagne, la vie qu&#39;ils mènent etc..très probablement, ils ne doivent pas travailler car un décret nous en dispense, mais les journées paraîtraient interminables si je ne travaillais pas.<br />
 <br />
Si par hasard, des décrets visant les jeunes gens de ma situation, c&#39;est à dire d&#39;active pourraient m&#39;intéresser, vous seriez bien aimables de me les écrire. A part cela, rien de changé. Je vous embrasse tous.<br />
 <br />
 <em><u>Notes Jean Paul Floch </u>:  </em><strong><em>Lors d&#39;un comptage de prisonniers dans cette usine, mon père a profité d&#39;une inspection par un colonel Allemand et s&#39;est avancé, empoigné aussitôt par des gardes.<br />
Il a demandé à parler au Colonel, lequel l&#39;a convoqué 1 heure après.<br />
Il a alors expliqué qu&#39;il perdait son temps à fabriquer des soucoupes de porcelaine et qu&#39;il pourrait se rendre plus utile en exerçant ses compétences civiles d&#39;ingénieur agronome (ce qui était faux bien entendu mais il savait que les alliés ne bombarderaient pas la campagne).<br />
Interrogatoire poussé : Où avait-il obtenu son diplôme, expérience etc...<br />
"A Alger" dit-il, sachant que les allemands ne pourraient pas vérifier.</em><br />
<br />
Quelques jours plus tard, on lui confiait la gestion d&#39;une ferme.<br />
N&#39;y connaissant rien dans les travaux des champs, il a appris grâce à la complicité et la confiance de quelques prisonniers.<br />
<br />
<strong> </strong><br />
<u>21-04-1941</u></strong><br />
 <br />
Comme je vous l&#39;ai annoncé précédemment, j&#39;avais l&#39;intention de changer de Kommando, j&#39;ai réussi et actuellement, je suis perdu dans une petite ferme dans une charmante vallée. Il y a beaucoup de travail, mais je suis suffisamment bien bâti physiquement pour tenir le coup et il est bien plus sain de travailler au grand air pour la belle saison que de rester enfermé.<br />
 <br />
Que de cordes à mon arc en rentrant en France. Encore un nouveau métier dans mon sac. Bientôt les vaches et le boeufs n&#39;auront plus de secrets pour moi. Au début, je n&#39;étais pas si fier que ça, mais maintenant je suis accoutumé, et tout va bien.<br />
 <br />
Les journées passent plus vite que dans l&#39;usine, mais pas encore assez vite à mon gré.<br />
 <br />
On a l&#39;impression parfois d&#39;être oubliés, on se demande si un jour on reverra notre beau pays. Combien la libération peut se faire attendre !<br />
 <br />
Quand redeviendrons nous civilisés ? Quel plaisir pour nous le jour où on pourra enfin manger de la cuisine française, entendre de la musique, revivre enfin car ce n&#39;est pas une vie qu&#39;on mène !<br />
 <br />
Toutes les sensations, tous les petits détails, tous les petits riens qui font la vie, on les ignore.<br />
 <br />
Enfin ! j&#39;espère qu&#39;un jour on en verra la fin.<br />
 <br />
Chers Parents, je vous quitte, à part cela, rien de sensationnel, la santé, toujours bonne. J&#39;espère que pour vous il en est de même.<br />
 <br />
Je vous embrasse tous, bien affectueusement,<br />
Pierre.<br />
 <br />
<u><strong>26-4-1941</strong></u><strong> </strong>:<br />
<br />
                               <u><strong>LETTRE PASSÉE PAR UN SOLDAT ALLEMAND</strong></u><br />
 <br />
Un soldat allemand en permission dans le village où je travaille actuellement s&#39;est proposé aimablement de vous faire parvenir cette lettre clandestinement.<br />
 <br />
Il est en garnison à Bordeaux et de ce fait, emprunte la ligne Tours-Poitiers-Angoulême-Bordeaux. Il serait donc question qu&#39;il dépose cette lettre à la gare de Poitiers et de là, elle vous parviendra certainement, j&#39;ignore de quelle façon.<br />
 <br />
Voici exactement ce qui se passe, je puis vous parler plus librement.<br />
 <br />
Depuis ma captivité, je n&#39;ai pas trop souffert, sauf dans les débuts bien entendu.<br />
 <br />
J&#39;ai séjourné 3 semaines au camp de Nuremberg où c&#39;était loin d&#39;être intéressant, et de là, j&#39;ai été dirigé vers Weiden.<br />
 <br />
C&#39;est un peu la loterie : 30 ici, 40 là où, question de chance, je suis bien tombé.<br />
 <br />
C&#39;était donc dans une fabrique de porcelaine. Le travail n&#39;était pas fatiguant, tout au moins le mien. Il consistait à fabriquer des assiettes et des soucoupes. Nous étions 60 bien nourris, enfin suffisamment, et logés convenablement.<br />
 <br />
En somme, j&#39;aurais pu y rester jusqu&#39;à la libération. Quoique le travail devenait monotone, au pied d&#39;un tour toute la journée.<br />
 <br />
Cependant, ce n&#39;est pas cela qui m&#39;a fait partir car j&#39;ai quitté la fabrique depuis le début d&#39;avril. Ce qui n&#39;a pas été sans difficultés, croyez le bien car on est loin de faire ce que l&#39;on veut. Nous sommes prisonniers, je vous le rappelle.<br />
 <br />
Enfin je me suis débrouillé de telle façon que j&#39;ai quand même réussi à partir.<br />
 <br />
Nous étions logés dans l&#39;usine à 50 mètres de la gare d&#39;une ville de 30.000 habitants, au dessus d&#39;un dépôt d&#39;essence. Vous devinez tout de suite la suite...Nous avons déjà eu des alertes contre avions cet hiver et je me suis dit une chose : si déjà nous avons des alertes en Janvier qu&#39;est ce que cela sera au mois de mai! J&#39;ai trop souffert des bombardements avant ma captivité, ça ne m&#39;enchantait pas du tout. Et comme j&#39;ai l&#39;intention de revenir et de ne pas laisser ma peau dans ce triste pays, j&#39;ai pris les devants et maintenant je suis délivré de cette obsession qui ne me quittait plus.<br />
 <br />
Je suis actuellement au Kommando 3238, dans une nouvelle ferme, car c&#39;est la 2ème ferme que je fais, la première j&#39;y suis resté 3 semaines et j&#39;ai compris.<br />
 <br />
J&#39;ai d&#39;ailleurs maigri pendant ces 3 semaines. J&#39;avais énormément de travail et j&#39;étais loin de manger à ma faim. J&#39;ai réussi également à changer et maintenant je suis dans un petit village situé entre Nuremberg et Weiden, toujours en Bavière.<br />
 <br />
Bien entendu, nous travaillons toute la journée chez le paysan et le soir, nous rentrons dans un même local pour dormir. Nous sommes seulement 9 dans ce petit Kommando, tous des types charmants : parisiens, poitevins, méridionaux etc.<br />
 <br />
Voici en quoi consiste mon travail : Réveil 5h 1/2 le temps de se vêtir et nous devons regagner nos fermes respectives. Arrivée dans les fermes à 6 heures.<br />
 <br />
Je suis très bien tombé actuellement, en ce sens que j&#39;ai très peu de bêtes à m&#39;occuper. Je n&#39;ai que 2 bœufs. Les vaches et les veaux, c&#39;est la soeur du patron qui s&#39;en occupe, tandis que dans l&#39;autre ferme, j&#39;avais 18 bêtes à m&#39;occuper, matin-midi et soir en rentrant des champs. Dans l&#39;autre ferme, je faisais des journées de 16 heures en continu sans m&#39;arrêter (juste 10 minutes pour manger).<br />
 <br />
Ici, je suis moins poussé au travail. J&#39;ai comme patron, un jeune homme de 25 ans qui, ma foi, serait presque paresseux. Tant et si bien que pour l&#39;instant, j&#39;y ai trouvé une grosse différence, et en plus de cela, ici, j&#39;ai la radio dans la ferme. Un petit poste, toujours Stuttgart mais enfin ça me permet quand même de manger en musique et vous savez que j&#39;adore la musique.<br />
 <br />
J&#39;ai l&#39;impression de retrouver un peu de civilisation.<br />
 <br />
Donc, ne vous inquiétez pas pour ma santé. Jusqu&#39;à présent, depuis ma captivité, j&#39;ai tenu le coup. Vous me verrez revenir un jour, un peu vieilli naturellement, bruni avec des mains calleuses, mais maintenant ici, j&#39;ai la certitude de revenir et puis, vous savez, je suis devenu assez philosophe comme beaucoup de mes camarades d&#39;ailleurs.<br />
 <br />
J&#39;ai cassé mes lunettes depuis quelques temps avec les bêtes. Je suis donc sans lunettes. Pour combien de temps ? je l&#39;ignore peut-être jusqu&#39;à la libération. Je suis allé en ville chez l&#39;oculiste et opticien à la fois qui m&#39;a pris soi-disant les numéros de verre. Tant et si bien qu&#39;ils m&#39;ont fait parvenir dans mon petit village aujourd&#39;hui des lunettes avec lesquelles je ne vois rien du tout, enfin, ceci est un détail sans importance.<br />
 <br />
Passons à la question correspondance maintenant :<br />
 <br />
Dans le kommando où je suis actuellement 3238, nous avons une sentinelle qui est loin d&#39;être francophile et qui fait tout pour nous ennuyer. Nous ne recevons plus les imprimés nous permettant de vous écrire régulièrement : donc : ne vous inquiétez pas si vous restez sans nouvelles un moment, c&#39;est que je serai dans l&#39;impossibilité de vous écrire. Pas de mauvais sang à mon sujet!<br />
 <br />
Comme pour la question des colis, ne tenez pas compte de la mention "Couleur bleu ou rouge", envoyez ce que vous voulez ça n&#39;a aucune importance, n&#39;ayez aucun scrupule.<br />
 <br />
Je ne vois pas autrement grand chose de sensationnel à vous raconter.<br />
 <br />
Du point de vue politique, nous sommes au courant seulement des grands évènements. N&#39;étant informés que par eux bien entendu, ne connaissant que leurs succès, ignorant le reste. D&#39;ailleurs vous, de ce moment, c&#39;est vraisemblablement la même chose.<br />
 <br />
Enfin, notre plus cher désir à tous, c&#39;est que la guerre se termine le plus vite possible car nous ne serons certainement pas libérés avant la fin, surtout moi qui suis de la classe 1938 et quand ? Tout le monde l&#39;ignore. Le pire est à craindre dans cette guerre ultra-moderne.<br />
 <br />
Enfin, j&#39;espère que malgré tout, en arrivant en France, j&#39;aurai des possibilités de me faire une situation dans l&#39;administration ou je ne sais quoi enfin, je me débrouillerai.<br />
 <br />
Que de choses on aura à se raconter au retour!<br />
 <br />
Il fait encore froid dans le pays puisqu&#39;hier nous avons eu de la neige.<br />
 <br />
Ce soldat allemand qui vous fera parvenir cette lettre, m&#39;a également pris en photo avec mes bœufs. Il vous en enverra un exemplaire, mais alors "motus" <u>tout cela est formellement interdit. Ne montrez cette lettre à personne.</u> Je vais en profiter également pour vous souhaiter une bonne fête Maman, Yves et Yvonne.<br />
Pierre.<br />
 <br />
<u><strong>01-06-1941</strong></u><br />
 <br />
Bientôt un an que je suis prisonnier et toujours séparés de vous. Ah comme la libération se fait attendre.<br />
 <br />
C&#39;est aujourd&#39;hui la Pentecôte, une belle fête. Il fait beau, et pour nous, c&#39;est toujours la même vie monotone. Enfin, espérons que l&#39;année prochaine nous serons réunis.<br />
 <br />
On s&#39;en souviendra longtemps de notre captivité.<br />
 <br />
A part cela, tout va bien, toujours en bonne santé, je tiens le coup.<br />
 <br />
J&#39;espère qu&#39;il en est de même pour vous.<br />
 <br />
Je vous embrasse tous, <br />
Pierre<br />
 <br />
<strong><u>21-06-1941</u></strong><br />
<br />
Voici enfin les beaux jours, depuis 5 ou 6 jours, nous avons un soleil spendide, il fait tès chaud et dans les champs, le soleil tape, croyez-moi. J&#39;ai beaucoup bruni, pas besoin d&#39;aller au bain de mer.<br />
<br />
Les grands travaux ont commencé. Nous avons rentré les foin hier. J&#39;ai déchargé 3 grosses charrettes. Enfin, l&#39;essentiel, c&#39;est que je me porte toujours très bien, c&#39;est dur, parfois je suis très fatigué, mais malgré tout, travailler au grand air, c&#39;est très sain, surtout que l&#39;ari est très vif ici, étant dans  la montagne.<br />
<br />
Et puis ma foi, je me suis mis dans la tête de travailler en forme cet été pour des raisons personnelles, que vous n&#39;êtes pas sans ignorer. Et ma foi, je suis têtu quand j&#39;ai une idée dans la tête, je m&#39;obstine et jusqu&#39;à présent,je ne regrette pas.<br />
<br />
Donc tout va bien, nous nous résignons lentement, la liberté viendra un jour, et ce jour là, ma foi, sera un des plus beaux jours de ma vie.<br />
J&#39;espère que vous êtes tous en bonne santé et que Papa voit avec joie les vacances approcher, vacances bien méritées d&#39;ailleurs.<br />
<br />
Il en aura bien besoin pour se reposer car l&#39;année a dû être très pénible et Dieu sait si les soucis ne l&#39;ont pas ménagé. Enfin ! Tout s&#39;arrangera bien un jour.<br />
<br />
Je vous quitte chers parents, je vous embrasse tous, <br />
A bientôt peut-être.  <br />
Pierre.<br />
<br />
<u><strong>21-07-1941</strong></u><br />
 <br />
Je m&#39;empresse d&#39;accuser réception du colis contenant mes lunettes que j&#39;ai reçu avant hier.<br />
 <br />
Je l&#39;attendais avec impatience et je suis bien content de pouvoir enfin, maintenant, y voir clair. Elles me vont très bien. Il y a une légère différence avec la paire précédente. Celles ci ont les verres bombés alors que les autres avaient les verres plats, mais cela n&#39;a aucune importance, j&#39;y vois très bien, c&#39;est l&#39;essentiel.<br />
 <br />
Je vais vous demander de m&#39;expédier dans les plus brefs délais, si cela est possible, car j&#39;en ai bien besoin, une de mes paires de brodequins qui doivent encore se trouver à la maison, la plus grande est en meilleur état. Bien entendu, mettez des clous si possible. Les miennes sont complètement usées et je souffre beaucoup des pieds, étant pour ainsi dire dans l&#39;eau tous les jours. Vous ajouterez à cela une de mes chemises (voir ma chemise scout).<br />
 <br />
A part cela, tout va bien. Je tiens le coup, je mange à ma faim et c&#39;est l&#39;essentiel. Tant que l&#39;on a de l&#39;appétit, en principe, on ne peut pas être malade.<br />
 <br />
J&#39;espère que pour vous tout va bien. Vive les vacances pour vous, profitez en.<br />
 <br />
Bons baisers à tous, Pierre<br />
 <br />
<u><strong>21-08-1941</strong></u><br />
 <br />
Chers Parents,<br />
 <br />
Il est temps que je vous donne de mes nouvelles. Vous devez vous inquiéter parfois à mon sujet, et ma foi, point n&#39;est besoin puisque tout va aussi bien que les circonstances le permettent.<br />
 <br />
La santé est bonne et je ne suis pas malade. Je tiens le coup, mais c&#39;est très dur. Il y a du travail en quantité en ce moment. Nous faisons tout à la main. Je ne cesse pas de faucher et de lier.<br />
 <br />
J&#39;ai bien mal aux reins, le soir, enfin, il faut en prendre son parti. Je ne suis pas le seul, malheureusement.<br />
 <br />
Et dire que nous avons encore tout un hiver à passer vraisemblablement et peut-être une grosse partie de l&#39;année prochaine.<br />
 <br />
Dans notre vie ténébreuse, le petit rayon de soleil qui est l&#39;espoir du retour est la seule chose qui nous permette de tenir. Sans quoi, il serait impossible de mener une telle vie longtemps.<br />
 <br />
Pouvez-vous me donner des nouvelles du Cdt Serre ainsi que du Cdt Jégo? Ils étaient avec moi le jour où j&#39;ai été fait prisonnier. Le sont-ils également? Que sont-ils devenu ?<br />
 <br />
Mettez-vous en relation avec eux si possible, j&#39;aurai vraisemblablement besoin d&#39;eux pour ma situation militaire par la suite.<br />
 <br />
Je vous quitte, chers parents, vous embrassant très affectueusement et pardonnez mon humeur morose d&#39;aujourd&#39;hui. <br />
Pierre.<br />
 <br />
 <br />
<u><strong>01-09-1941</strong> </u>:<br />
<br />
Chers parents,<br />
 <br />
Je vous accuse réception du colis que vous m&#39;avez expédié dernièrement contenant une superbe paire de brodequins.<br />
 <br />
Je ne m&#39;attendais pas à si beau, ils m&#39;ont fait beaucoup de plaisir, car je souffrais terriblement des pieds et maintenant, je vais pouvoir aller à travers champs, dans le fumier, sans avoir les pieds mouillés et ensanglantés. Je vous embrasse tant. A quand ??<br />
 <br />
<u><strong>21-10-1941</strong></u><br />
 <br />
Chers parents,<br />
 <br />
J&#39;accuse immédiatement réception du colis qui m&#39;est parvenu ces jours derniers, contenant en totalité ce que j&#39;avais demandé, c&#39;est à dire bottes en caoutchouc, chausson, caleçons, chaussettes, gants.<br />
 <br />
Je vous remercie beaucoup, le tout me sera très précieux pour cet hiver, je dirais même indispensable.<br />
 <br />
J&#39;ai eu une riche idée le jour où j&#39;ai fait l&#39;acquisition de ces bottes. Je les porte déjà et elles me seront très utiles et elles seront encore davantage lorsque la neige fera son apparition, c&#39;est à dire incessamment, d&#39;autant plus qu&#39;il doit être impossible actuellement d&#39;en trouver dans le commerce.<br />
 <br />
J&#39;ai également une grande nouvelle à vous annoncer : J&#39;ai terminé l&#39;arrachage des pommes de terre. , c&#39;est à dire, les travaux les plus pénibles que je n&#39;avais encore jamais fait dans mon existence. Il ne me reste plus qu&#39;à ensemencer, le blé, l&#39;arrachage des betteraves et le labour et tout cela n&#39;est qu&#39;un jeu d&#39;enfants pour quelqu&#39;un d&#39;expérimenté en la matière comme je le suis maintenant.<br />
 <br />
Le changement de n° de Kommando va vraisemblablement vous étonner, qu&#39;il n&#39;en soit rien! Nous sommes toujours au même endroit, nous avons seulement changé de sentinelle et de ce fait le n° a changé.<br />
 <br />
Je vous laisse, affectueux bonjour à tous, <br />
Pierre.<br />
 <br />
<u><strong>10-11-1941 </strong></u><br />
<br />
Je viens vous rassurer sur mon sort car j&#39;ai peur que vous ne vous inquiétez à tort.<br />
<br />
Je vais toujours bien. La santé se maintient bonne malgré le froid et la neige qui ont fait leur apparition ces derniers jours.<br />
<br />
Depuis hier, la neige a disparue, en conséquence, je vais vraisemblablement labourer toute cette semaine et probablement la semaine prochaine si le temps le permet, et ma foi, ces travaux terminés, je ne vois plus rien à l&#39;extérieur car le sol dans le pays est recouvert de neige pendant 3 ou 4 mois.<br />
<br />
Donc, bientôt, il ne me restera plus qu&#39;à travailler dans la ferme qui fait en même temps scierie.  Mon principal travail consistera à aller chercher les troncs d&#39;arbres dans les bois, les charger, les décharger et faire toutes les manoeuvres nécessaires pour les scier.<br />
<br />
Je préfère la belle saison, le soleil, à ce temps triste. Les journées sont longues, interminables puisque voilà Noël qui approche et une fois de plus, nous serons séparés.<br />
<br />
Espérons que pour le Noël 42, il n&#39;en sera pas de même.<br />
<br />
Chers parents, je vous quitte. J&#39;epère que de votre côté, la santé est toujours bonne.<br />
Je vous embrasse tous,<br />
Pierre.<br />
 <br />
<u><strong>07-12-1941</strong></u><br />
 <br />
Je n&#39;ai rien de sensationnel à vous raconter. Je suis à nouveau en usine.<br />
 <br />
Je regrette énormément ma vie de campagnard. J&#39;étais beaucoup plus heureux et le temps passait plus vite. Enfin, je ne puis rien y faire, il y a des jours, je suis totalement abruti.<br />
Je pense à un tas de choses, ma tête ne cesse pas de travailler. Il est temps que cette vie lamentable prenne fin.<br />
Je vous embrasse tous,<br />
Pierre.<br />
 <br />
<u><strong>14-12-1941</strong></u><br />
 <br />
Chers Parents,<br />
 <br />
Je dois vous prévenir que vraisemblablement vous ne recevrez plus aussi régulièrement de mes nouvelles, car le privilège que j&#39;avais dans le précédent Kommando, celui d&#39;écrire en tant que s/officier 2 cartes et 1 lettre de + par mois, n&#39;existe plus dans celui-ci.<br />
 <br />
Je suis toujours dans l&#39;usine, mais j&#39;ai dans ma tête de repartir en ferme, et quand j&#39;ai quelque chose en tête, j&#39;arrive toujours à mes fins.<br />
 <br />
Donc, ne vous inquiétez pas. Tôt ou tard, je serai de nouveau dans la nature.<br />
 <br />
Je vous embrasse tous. Meilleurs vœux  Pierre.<br />
 <br />
<strong><u>28-02-1942</u><br />
 </strong><br />
Chers Parents,<br />
 <br />
Je recopie correctement une lettre que je vous ai envoyée le 8 de ce mois qui ne pourra vous parvenir par suite d&#39;une erreur de ma part, je me suis trompé de côté pour vous écrire.<br />
Voici donc ce dont il était question :<br />
J&#39;ai réussi à changer de Komando et suis à nouveau en ferme.<br />
Je suis très content, enfin autant que  peut l&#39;être un prisonnier, car son sort est loin d&#39;être enviable, croyez moi.<br />
C&#39;est beaucoup plus intéressant pour moi à tous points de vue et la vie au grand air est beaucoup plus sain. Et en principe, je mangerai à ma faim.<br />
Je suis chez des patrons sympathiques qui sont bons pour moi, et avec mes connaissances d&#39;allemand, nous arrivons à nous comprendre très bien.<br />
Je travaille maintenant avec 2 chevaux, et ai également beaucoup de machines à ma disposition : faucheuse, moissonneuse, herse etc.<br />
Enfin, j&#39;ai l&#39;impression que je sortirai d&#39;ici, cultivateur accompli, et on ne peut jamais savoir. Ces connaissances pourront peut-être me servir un jour.<br />
<br />
Je répète ce que vous ai déjà dit, envoyez moi ma culotte de toile kaki ainsi que ma veste de treillis et tâchez de me trouver également pour cet été, chemisette, enfin loup de mer ou autres car je n&#39;ai plus que 2 chemises et ma foi, en piteux état.<br />
 <br />
Mes dimanches entiers, je les passe à raccommoder.Nous parlons de choses et d&#39;autres entre camarades et nous nous posons un tas de questions. Quelle sera la valeur de l&#39;argent liquide au retour ? donc, il est préférable de transformer cet argent de suite en marchandises. Achetez moi donc, si vous trouvez, un poste TSF occasion ou neuf. Vous  pourrez jouir aussi dès à présent de ma solde.<br />
Si vous me trouvez également  des stylos, porte monnaie,briquet etc, je n&#39;ai plus rien. Conseillez moi, je vous quitte,<br />
Je vous embrasse tous,<br />
Pierre.<br />
 <br />
<u><strong>29-03-1942</strong></u><br />
 <br />
Chers Parents,<br />
 <br />
Je suis toujours en bonne santé, j&#39;ai de nouveau bruni et ai de nouveau les mains calleuses, mais ça n&#39;a pas d&#39;importance.<br />
Nous ressortirons bien un jour de ce pays et  vous retrouverez des hommes, croyez moi, transformés, endurcis mais vieillis.<br />
Je vous écrirai dimanche prochain une lettre, vous demandant de vous occuper de ma situation militaire, de mon avancement etc. C&#39;est une chose indispensable.<br />
Je vous souhaite bon courage.<br />
Tout le monde en aura besoin cette année, cela va être très dur.<br />
Je vous embrasse,<br />
Pierre<br />
<br />
<u><strong>26/04/1942</strong></u><br />
 <br />
Chers parents,<br />
 <br />
Me voici encore déplacé depuis hier. Dans la ferme où j&#39;étais, ils ont reçu un ménage polonais, et de ce fait, j&#39;ai été renvoyé en ville et travaille actuellement chez un jardinier.<br />
J&#39;y suis bien et travaille avec un autre français prisonnier comme moi.<br />
Le temps semble moins long. Nous faisons cependant des journées de 14 heures et le soir nous rentrons au Kommando où nous sommes 25.<br />
Je mange bien, enfin jusqu&#39;aujourd&#39;hui, c&#39;est la vie de famille.<br />
J&#39;ai la radio, musique, deux chiens nous tiennent même compagnie à table, ce n&#39;est pas toujours appétissant!<br />
Pierre.<br />
<br />
<strong><u>24-05-1942</u></strong><br />
<br />
Cher parents,<br />
<br />
C&#39;est aujourd&#39;hui dimanche et c&#39;est un jour intéressant pour nous car nous pouvons nous reposer un peu l&#39;après-midi. Nous reposer c&#39;est une façon de parler. J&#39;ai passé mon temps à raccommoder pull-over, vareuse, pantalon. J&#39;ai mis une pièce et des clous à mes chaussures. Ce sont mes distractions du dimanche.<br />
Que de choses apprises en 2 ans! Mais encore combien à apprendre. J&#39;étais un pauvre ignorant.<br />
Ah, je vous quitte, bon courage à tous. Cette épreuve salutaire pour moi prendra fin un jour.<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>14-06-1942</u></strong><br />
 <br />
Chers Parents,<br />
 <br />
J&#39;ai de nouveau changé de patron, toujours dans le même Komando malgré cela, je suis chez un paysan toujours en ville, enfin aux limites de la ville.<br />
J&#39;ai déjà commencé les foins. Les durs travaux et j&#39;en ai déjà trempé des chemises.<br />
J&#39;ai bien peur que ma correspondance et mes colis depuis mon départ ne se soient égarés. Redites moi donc, tout ce que vous m&#39;avez déjà dit au sujet de ma situation.<br />
Ah! Je vous quitte pour ce soir, je vous embrasse tous,<br />
Pierre.​<br />
<br />
<u><strong>​28-06/1942</strong></u><br />
 <br />
Chers Parents,<br />
 <br />
Je viens de recevoir votre lettre du 8 Juin. J&#39;ai répondu dans une de mes lettres précédentes au sujet de ma délégation de solde.<br />
Pour ce qui est des 2 lettres interessantes, je ne les recevrai certainement plus maintenant. Elles sont perdues ainsi que mes colis.<br />
Répétez moi donc à peu près exactement ce qu&#39;elles contenaient, cela m&#39;intéresse énormément.<br />
Je vais écrire dimanche prochain au Commandant Sère.<br />
J&#39;ai terminé les foins hier et je suis très content car c&#39;est très fatigant.<br />
Je vous embrasse tous,  <br />
Pierre <br />
<br />
<strong><u>5-07-1942</u><br />
 </strong><br />
Chers Parents,<br />
 <br />
Je viens vous donner quelque peu de mes nouvelles.<br />
Je suis toujours en bonne santé. J&#39;ai une constitution robuste à toute épreuve, j&#39;ai cette impression, je me suis énormément fortifié au point de vue musculaire. Je suis beaucoup plus fort que je n&#39;étais, et un sac de 100 Kg ne m&#39;effraie plus.<br />
Le travail est incontestablement le sport le plus complet, par conséquent le meilleur.<br />
La santé, c&#39;est quelque chose de primordial surtout actuellement et ma foi je me porte très bien.<br />
Je suis parfois bien fatigué, les journées sont longues mais quelques heures de sommeil sur une paillasse, pourtant me sont d&#39;un précieux secours et me permettent d&#39;attaquer la journée du lendemain frais et dispo.<br />
Le colis de la Croix Rouge contenant vêtements de toile ne m&#39;est jamais parvenu et je ne le recevrai plus maintenant.<br />
Essayez donc de vous procurer si la chose est possible, c&#39;est pour moi indispensable, un pantalon de travail usagé, ça n&#39;a pas d&#39;importance, gris, bleu, vert, ça m&#39;est complètement égal. Fabriquez moi également 2 paires de chaussons avec semelles souples qui me serviront dans mes bottes, essayez de trouver également une gamelle et un quart, je n&#39;ai rien et j&#39;en ai besoin.<br />
J&#39;ai reçu un colis contenant veste de toile, chocolats etc. C&#39;est très gentil. Expédiez vous-mêmes les 2 lettres que j&#39;ai écrite au Commandant Sère. Elles arriveront plus certainement.<br />
Bons Baisers, <br />
Pierre.<br />
<br />
<u> <strong>23-08-1942</strong></u><br />
 <br />
Chers Parents,<br />
 <br />
Rien de sensationnel. Tout va bien, je suis en excellente santé malgré les pénibles travaux qui nous sont imposés.<br />
Voici 3 dimanches que je travaille, je n&#39;ai pas seulement 3 heures de disponibles dans la semaine pour lire et raccomoder.<br />
Tous les jours on dit que "le travail c&#39;est la santé". Ici, c&#39;est mis en application vous pouvez me croire. Je n&#39;arrête pas. Avec 2 cornes, je ferais un animal parfait.<br />
Je vous quitte, je vous embrasse, <br />
Pierre.<br />
<br />
<strong><u>13-09-1942</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Pas grand-chose de neuf à vous raconter, notre vie est si monotone. Nous nous préparons à passer un 3ème hiver, peut-être sera-ce le dernier, il serait temps car notre patience a des limites malgré tout, et il arrive parfois qu&#39;elle est à bout, avec justes raisons d&#39;ailleurs.<br />
J&#39;espère que vous êtes tous en bonne santé.<br />
Quant à moi, un peu fatigué mais je tiens le coup cependant. Ah! je vous quitte et je vous embrasse tous.<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>29-11-1942</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Je suis très heureux de pouvoir vous donner quelques nouvelles. L&#39;essentiel : je suis toujours en bonne santé.<br />
Les grands froids ont déjà fait leur apparition mais je me sens tout à fait dispos et je tiendrai certainement le coup. Je vous joins à ma carte une petite photo. J&#39;ai vieilli et un peu maigri. J&#39;ai l&#39;air sévère mais n&#39;y faites pas attention. Vous devez bien comprendre que nous n&#39;avons pas toujours envie de rire.<br />
J&#39;ai bien reçu tous les colis expédiés par le comité ainsi que le colis de linge. Je vous remercie.<br />
Je vous quitte vous envoyant mes meilleurs voeux pour 1943 qui nous amènera la paix et la libération.<br />
Pierre<br />
 <br />
<strong><u>28-02-1943</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
J&#39;ai de nouveau changé de patron. Je suis actuellement dans un bourg à proximité d&#39;une grande ville, toujours chez des paysans.<br />
Beaucoup de travail en perspective. 3 chevaux, 8 vaches, 2 génisses et 4 veaux mais les patrons sont sympathiques et la nourriture suffisante.<br />
J&#39;ai 15 camarades charmants presque tous de mon âge et je suis leur interprête et homme de confiance depuis hier. Je n&#39;aurai pas le temps de m&#39;ennuyer. Ai reçu tous les colis annoncés. Merci Bons baisers<br />
Pierre<br />
 <br />
<u><strong>18/04/1943</strong></u><br />
 <br />
Chers Parents,<br />
 <br />
Je suis toujours dans le même pays chez mes paysans, tout va aussi bien que possible. <br />
La santé se maintient bonne malgré quelques maux d&#39;estomac (à 25 ans!).<br />
Cela provient de ce qu&#39;il faux toujours manger vite à midi principalement : 10 minutes 1/4 d&#39;heure, pas plus et comme j&#39;ai 7 dents en moins depuis déjà plus de 2 ans, je ne mâche pas très bien et cela m&#39;est indigeste.<br />
Enfin, c&#39;est un détail.<br />
Patience, comptons sur du nouveau incessamment.... Nous rendons visite aux caves.<br />
Pierre.<br />
<br />
<strong><u>9-05-1943</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Et la fête continue! J&#39;ai encore une fois de plus changé de kommando.<br />
Je suis toujours à proximité de la même ville mais dans une autre direction.<br />
Je suis chez le maire du pays très pittoresque. Nous sommes 9 camarades dans le village, logés dans un petit pavillon en plein bois.  Je vis au milieu des chevreuils et des chèvres. Je ne sais pas si je vais y rester.<br />
Bons baisers<br />
Pierre.<br />
<br />
<u><em>NB de Jean-Paul Floch </em></u>:  <strong>Mon père m&#39;a donné l&#39;explication de son nouveau changement d&#39;affectation :<br />
La fille du paysan et lui étaient amoureux. Dès que le paysan l&#39;a su, il a demandé à un de ses amis, (le maire du village) de prendre mon père. Mon père ne comprenait pas ce revirement de situation car il s&#39;entendait bien avec le paysan.<br />
Quelques temps plus tard, il a vu arriver son amoureuse qui l&#39;a abordé sur la place du village pour lui donner les raisons exactes de son éviction de la ferme :<br />
Le risque était trop grand pour les 2 tourtereaux.<br />
Elle a eu beaucoup de courage car elle savait que c&#39;était strictement interdit pour une allemande de parler à un prisonnier dans la rue mais elle voulait le revoir parce qu&#39;elle  ne pouvait pas le laisser partir sans qu&#39;il sache pourquoi. </strong><br />
<br />
<strong><u>07-06-1943</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Je vais toujours très bien. L&#39;air est très vif et très sain ici. Je suis bronzé et reviendrai bientôt noir si le soleil fait sa réapparition car actuellement il fait froid et il pleut très souvent.<br />
S&#39;il fait beau peut-être cette semaine, tout au moins la semaine prochaine, commencerons-nous les foins et ça ne m&#39;enchante pas du tout car c&#39;est vraiment pénible. Mais j&#39;ai l&#39;habitude et tiendrai bien le coup.<br />
Je vous dit à bientôt car j&#39;ai la conviction que d&#39;ici peu, il y aura du nouveau.<br />
Je vous embrasse tous.<br />
Pierre.<br />
<br />
<strong><u>11-07-1943</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Je viens de recevoir une carte de vous aujourd&#39;hui datée du 21-6-1943.<br />
J&#39;espère comme vous que ce carnage qui actuellement sévit sur le monde entier prendra fin incessamment et que bientôt j&#39;aurai le plaisir de me retrouver parmi vous tous.<br />
Ici le temps est lamentable et fait presque froid mais ces jour derniers, il faisait très sec, les légumes verts sont très touchés, il était temps tout cela a assez durés. J&#39;ai encore changé de lieu. A bientôt l&#39;automne nous apportera quelques chose. Je vous embrasse<br />
Pierre.<br />
<br />
<strong><u>14-07-1943 au soir</u> :</strong><br />
 
<div style="text-align: center;"><strong>3 semaines de cachot pour inconduite au camp de prisonnier : </strong><br />
 </div>
<u><em>NB : Jean-Paul Floch</em></u><strong> : Le drapeau allemand flottait toute la journée sur le commando. Au matin du 14 Juillet 1943, mon père a réussi à remplacer le drapeau allemand  par le drapeau français. Cela a fait beaucoup rire les prisonniers et leur a donné du baume au coeur en ce jour de fête nationale. Ce n&#39;est que le soir, à la descente du drapeau que les allemands s&#39;en sont aperçu.<br />
Mais il a bien fallu que mon père se dénonce pour ne pas faire porter la punition sur tout le monde.<br />
Une prisonnière russe, qui officiait aux cuisines, l&#39;a vu se dénoncer et elle a pris le très gros risque de lui apporter de la nourriture par le soupirail et ce, toutes les nuits.<br />
Les prisonniers au cachot n&#39;avaient que de l&#39;eau et du pain de seigle avec de la sciure de bois et sortaient très affaiblis de 3 semaines de cachot. Mon père, lui,  est ressorti un peu pâle mais en forme sans que les allemands ne se posent la moindre question.</strong><br />
<br />
<strong><u>15-08-1943</u> </strong><br />
<br />
Très chers parents,<br />
<br />
Je suis toujours en bonne santé malgré les pénibles travaux qu&#39;il nous faut accomplir actuellement des battages, mais ma foi, j&#39;ai la force et c&#39;est beaucoup. Je porte mes sacs de 100kg et les monte au grenier aussi facilement et mieux même que certains paysans du secteur.<br />
J&#39;espère que de votre côté, malgré les restrictions possibles, vous tenez le coup également.<br />
A bientôt, je l&#39;espère<br />
Je vous embrasse tous<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>16-04-1944</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Le courrier nous parvient toujours avec beaucoup de retard. Voici d&#39;ailleurs plusieurs semaines que je suis à nouveau sans nouvelles.<br />
Je suis toujours en bonne santé, le cafard malheureusement vient parfois me rendre visite. Nous en avons tous par dessus la tête de cette maudite guerre interminable.<br />
Enfin, malgré tout, je crois que cette année, nous avons nos petites chances de tous nous retrouver.<br />
Je vous embrasse<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>01-05-1944</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Rien de sensationnel. Toujours santé resplendissante.<br />
Attendons du nouveau avec impatience.<br />
Peut-être cette année nous amènera-t-elle enfin la libération tant souhaitée, la résurrection si je puis dire, car nous sommes dans le "coma" depuis quatre ans.<br />
J&#39;espère que, malgré les conditions de vie tout à fait pénibles, vous êtes toujours en bonne santé.<br />
A bientôt peut-être.<br />
Je vous embrasse tous<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>02-07-1944</u></strong><br />
<br />
Très chers parents,<br />
<br />
Je suis depuis longtemps sans nouvelles. Les évènements en sont vraisemblablement la cause. Ce n&#39;est  une surprise pour personne, nous avions prévu cela depuis longtemps.<br />
Je suis toujours en bonne santé. Nous avons terminé les foins, la plus pénible des corvées.<br />
J&#39;ai demandé à rentrer au Stalag en tant que sous-officier, je n&#39;ai pas encore reçu de réponse.<br />
Si je m&#39;ennuie trop, je repartirai au travail dans une autre direction.<br />
Espérons un retour proche et la réunion pour bientôt.<br />
Je vous embrasse tous<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>16-07-1944</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Je suis toujours sans nouvelles depuis le début de l&#39;invasion.<br />
Je commence à m&#39;inquiéter.<br />
La situation est très pénible en France, vous souffrez de tout et le pire est à envisager.<br />
J&#39;ai lu sur les journaux que Poitiers avait subi courant juin un violent bombardement.<br />
Je souhaite que St Maixent reste oublié. Mettez moi au courant de tout ce qui se passe.<br />
Quant à moi, toujours en bonne santé.<br />
Le pire est également à craindre ici.<br />
Déjà ce matin, le secteur était loin d&#39;être calme!<br />
Courage, confiance! La providence nous protègera.<br />
Tant qu&#39;il y a de la vie, il y a de l&#39;espoir.<br />
A bientôt, je vous embrasse<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>13-08-1944</u></strong><br />
<br />
Chers parents<br />
<br />
Je continue à vous donner de mes nouvelles à tout hasard, malgré les évènements qui, c&#39;est vraisemblable, vont ralentir si ce n&#39;est complètement arrêter l&#39;acheminement du courrier.<br />
Je suis toujours en bonne santé, en pleine moisson.<br />
Nous avons tous bon espoir, c&#39;est bien la dernière que je fais dans ce pays.<br />
Pour Noël, nous serons tous réunis.<br />
Je vous embrasse tous<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>27-08-1944</u></strong><br />
<br />
Chers parents<br />
<br />
Je veux continuer à vous donner de mes nouvelles pour vous rassurer à tout hasard, car vraisemblablement, vous ne la recevez pas.<br />
Je suis toujours en bonne santé, le moral remonte, nous serons bientôt tous réunis. Patience!<br />
Nous avons énormément de travail : les battages toute la journée, les sacs de 100 kg.<br />
Je suis fatigué le soir mais ma consolation c&#39;est que "c&#39;est du peu!" et j&#39;espère bien tenir le choc jusqu&#39;au bout.<br />
Je vous embrasse tous<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>03-09-1944</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Je suis toujours en bonne santé et le moral remonte.<br />
La libération ne saurait tarder désormais pour nous. Quant à vous, vous avez déjà dû trouver du changement.<br />
Nous allons nous retrouver tous bientôt, en bonne santé, je l&#39;espère.<br />
Nous ne passerons pas la Noël ici, je ne crois pas.<br />
Je vous quitte en vous embrassant tous, à bientôt<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>10-09-1944</u></strong><br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
J&#39;ai reçu une carte de vous cette semaine datée de début Août.<br />
Très heureux de savoir que vous êtes toujours en bonne santé.<br />
Maintenant vous allez revivre. Pour vous le drame est pour ainsi dire terminé.<br />
Pour nous, hélas pas encore! Le pire est à envisager ici.<br />
Nous recevons déjà des visites très fréquemment et trop bruyantes à mon goût.<br />
Enfin! La Providence, elle nous protègera.<br />
A bientôt je l&#39;espère avant Noël certainement.<br />
Bons baisers<br />
Pierre<br />
<br />
<strong><u>26-11-1944</u></strong>  Dernière lettre :<br />
<br />
Chers parents,<br />
<br />
Plus de nouvelles, plus rien! Qu&#39;êtes-vous devenus après tous ces évènements? J&#39;espère que vous tous en bonne santé et que le cauchemard a pris fin pour vous tous.<br />
Quant à moi, toujours en bonne santé.<br />
Le secteur est de plus en plus mouvementé et cela promet car c&#39;est un commencement seulement.<br />
Enfin, nous n&#39;y passerons pas tous, il y aura bien quelques survivants je l&#39;espère.<br />
Cela va devenir très dangereux. De toute façon, "c&#39;est du peu!"<br />
Je vous embrasse tous<br />
Pierre<br />
<br />
 <br />
 <br />
 <br />
 <br />
 ]]></content:encoded>
      <pubDate>Fri, 19 Apr 2024 16:54:39 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>acte de résistance de mon grand-père</title>
      <link>/sculpture-bronze/actualite-acte-de-resistance-de-mon-grand-pere-883.php</link>
      <description><![CDATA[Actualites Jean Paul Floch sculpteur bronze bretagne]]></description>
      <content:encoded><![CDATA[« Mon grand-père maternel, Edouard Genevriez, était un grand blessé de la guerre 14-18. Handicapé, il avait bénéficié d’un emploi d’Etat comme facteur à Guer.<br />
<br />
Très ingénieux et d’un caractère bien trempé, candidat à l’Ecole des Arts et Métiers juste avant la guerre, il avait inventé un système de sacoches sur son vélo pour reposer ses épaules et un bras handicapé qu’il a rééduqué lui-même avec un système de poids et poulies, bien avant que n’existe la kinésithérapie.<br />
<br />
Il a ensuite commercialisé son invention et fabriqué également des malles pour les militaires de l’Ecole St CYR de Coëtquidan. On le surnommait « mallette ».<br />
<br />
Son entreprise s’est vite développée avec aussi la fabrication de garde-mangers qui se vendaient partout en France et jusque dans les colonies. Prévoyant, il avait acheté une ancienne école près de la gare de Rennes pour faciliter l’expédition des marchandises.<br />
En 1940, les locaux de son entreprise qui se trouvait juste à côté de la gare de Guer avaient été réquisitionnés par l’armée allemande pour y entreposer armes et munitions ainsi que des tonnelets de cognac à destination du front russe.<br />
<br />
Edouard Genevriez s’y connaissait en armes. Il avait donc aménagé une trappe discrète à l’arrière de son atelier pour faire du sabotage la nuit car son atelier était bien gardé par les soldats allemands. Ceux-ci avaient l’habitude de le voir entrer dans son atelier car, bien que l’entreprise était à l’arrêt, il veillait régulièrement à l’entretien des machines. La nuit, il sabotait la culasse des fusils, substituait de la sciure de bois à la poudre des obus, et coupait de moitié d’eau les tonnelets de cognac. Ne buvant pas d’alcool, pendant des années il a pu offrir du cognac avec le café à ses amis, sans qu’ils n’aient jamais su d’où venait ce cognac.<br />
<br />
Il avait également caché une femme juive et son enfant, et aussi un aviateur anglais dont la toile de parachute en soie a servi à sa femme et ses filles pour confectionner des chemisiers dont il me reste un exemplaire. Il avait accompli d’autres faits de résistance mais en solitaire car il se méfiait beaucoup de la délation et de la jalousie.<br />
<br />
Etant originaire de Lille, il avait accueilli des réfugiés venus du Nord au début de la guerre. Une famille s’est installée à Guer par la suite. Il s’agit de la famille Dellys Michel et Desiter, tous tailleurs et la mère de Paul Desiter, couturière de profession. Ils confectionnaient les uniformes d’apparat des officiers de Coëtquidan ainsi que des tenues de chasse à courre.<br />
Edouard Genevriez a quitté Guer pour Rennes après la guerre. Mon père a repris l’affaire de Guer.<br />
<br />
<em><strong>J’ai beigné tout petit dans l’atmosphère de résistance de mon grand-père et de mon père</strong>, </em>lui-même décoré de la légion d’honneur pour faits de guerre en 1940.<br />
<br />
C&#39;est pourquoi, lorsque j’ai été sélectionné pour le concours Jean Moulin en 2003, <strong><em>j’ai créé une sculpture positive représentant le chef d’une résistance héroïque qui, comme Jean Moulin, a sacrifié sa vie pour que la France continue d’exister.</em></strong><br />
 ]]></content:encoded>
      <pubDate>Sun, 17 Mar 2024 13:42:49 +0100</pubDate>
    </item>
  </channel>
</rss>
